Gabon: le SMIG, bel et bien à 80 000 FCFA en 2026 !
Dans un pays où l’inflation est palpable et les attentes sociales devenues logiques, la question du salaire minimum continue de faire débat. Seulement, contrairement aux rumeurs persistantes qui le placent à 150. 000 FCFA, le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) reste fixé à 80. 000 FCFA en février 2026. D’ailleurs, ce montant, est inchangé depuis 2006 et ne représente que le salaire de base minimum obligatoire que tout employeur doit verser à un salarié, hors primes ou indemnités, conformément au Code du travail gabonais.
Le SMIG, acronyme de Salaire minimum interprofessionnel garanti, est un concept économique fondamental inspiré des conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Cet agrégat vise à protéger les travailleurs les plus vulnérables en garantissant un revenu de base pour couvrir les besoins essentiels. Au Gabon, ce salaire s’applique à tous les secteurs et est calculé sur une base de 40 heures hebdomadaires pour le régime général. Soit environ 6 heures 40 minutes par jour et ne tient pas compte des avantages supplémentaires comme les heures supplémentaires ou les bonus.
Le RMM n’est pas le SMIG !
Dans la société gabonaise, la confusion naît souvent de la distinction avec le Revenu minimum mensuel (RMM). Ce dernier, fixé à 150 000 FCFA par le décret n° 127/PR/MTEPS du 23 avril 2010, englobe le SMIG ainsi que diverses primes obligatoires, telles que les indemnités de logement, de transport ou d’ancienneté. Le RMM représente donc le revenu global minimum qu’un salarié doit percevoir pour une semaine de travail standard. Contrairement au SMIG, qui est un salaire brut de base, le RMM intègre ces compléments pour refléter un pouvoir d’achat plus réaliste face au coût de la vie.
Par exemple, un employé au SMIG pur pourrait voir son revenu total grimper à 150. 000 FCFA grâce à ces ajouts, mais seulement si l’employeur respecte la loi. Ces notions ont été source de tensions sociales pendant plus de 20 ans. Des rumeurs d’augmentation du SMIG à 150. 000 FCFA avaient même circulé sous les mandats des Premiers ministres comme feu Emmanuel Issoze Ngondet ou Julien Nkoghe Bekale, alimentées par des annonces en 2009 d’Ali Bongo Ondimba peu après son accession au pouvoir. Pourtant, aucun décret n’a officialisé cette hausse pour le SMIG lui-même.
Seules les conventions collectives à savoir des accords négociés entre employeurs et syndicats permettent des salaires supérieurs au minimum légal. À défaut, les employeurs s’en tiennent au seuil de base. Mais à y voir de près, le maintien de cette base à ce seuil malgré la cherté de la vie soulève des enjeux économiques plus larges. Puisque le SMIG gabonais fixé à 80.000 FCFA, équivaut à environ 122 euros. Ce qui est aux antipodes de la couverture de l’inflation, estimée à 5 % en 2023, et le coût élevé de la vie à Libreville. Toute chose qui appelle à une action urgente de la 5eme République.









GMT TV
[youtube-feed feed=2]