Gabon : le sévère avertissement d’Oligui Nguema face aux dérives de la classe dirigeante
Dans son discours de vœux à la Nation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a livré l’une de ses séquences les plus directes et les plus sévères à l’endroit de la classe dirigeante. Au-delà des annonces économiques et institutionnelles, le Chef de l’État a posé un diagnostic moral sans concession, dénonçant des comportements qu’il juge incompatibles avec l’idéal républicain et rappelant que la jeunesse demeure la véritable richesse du Gabon.
À l’orée de 2026, le Président n’a pas seulement parlé de réformes, de dette ou de souveraineté. Il a surtout parlé d’hommes, de femmes et de comportements. Une manière de signifier que la Cinquième République ne se résumera pas à un changement de textes ou d’institutions, mais qu’elle exige une transformation profonde des pratiques et des mentalités.
Arrogance, tribalisme et enrichissement : les lignes rouges présidentielles
Le Chef de l’État a dressé une typologie sans détour des dérives qu’il observe depuis deux ans : arrogance de certains responsables, exhibition des fonctions, repli identitaire, tribalisme assumé, confusion entre service public et intérêts privés. Des mots durs, assumés, qui rompent avec la langue de bois habituelle des discours institutionnels.
Plus grave encore, le Président a fustigé une logique prédatrice résumée par une formule glaçante : « aujourd’hui, c’est notre tour, on prend tout ». Une phrase qui renvoie à une culture politique ancienne, faite d’accaparement des ressources et de captation de l’État au profit de clans, que le pouvoir actuel entend visiblement proscrire.
Service public ou intérêts privés : une confusion dénoncée
Au cœur de cette mise en garde se trouve une critique frontale de la confusion persistante entre responsabilité publique et enrichissement personnel. Pour le Chef de l’État, cette dérive ne relève pas d’excès isolés, mais d’un mal structurel qui fragilise la République et nourrit la défiance citoyenne.
En appelant à la loyauté, à l’abnégation et au désintéressement, le Président pose l’exemplarité comme condition non négociable de l’exercice du pouvoir. Un message qui s’adresse autant aux anciens réseaux qu’aux « nouveaux visages » propulsés par la Transition, sommés de ne pas reproduire les travers du passé.
La jeunesse, ultime richesse nationale
Face à ces dérives, le Chef de l’État a opposé une conviction forte : la jeunesse gabonaise constitue le capital humain décisif pour l’avenir du pays. Dans un contexte marqué par le chômage, la précarité et les frustrations sociales, il a appelé les jeunes à se lever, innover et bâtir, tout en réaffirmant que la République se tient à leurs côtés.
Mais cet appel à la jeunesse s’accompagne d’une exigence : celle de refuser les raccourcis, les logiques de haine et les manipulations identitaires. Le message est clair : l’avenir ne se construira ni dans la nostalgie d’un passé révolu, ni dans la déstabilisation permanente, mais dans l’effort, le mérite et l’éthique.
Une République fondée sur les valeurs
En définitive, cette séquence du discours présidentiel révèle une volonté politique affirmée : refonder la République sur des valeurs de courtoisie, de respect mutuel, de dignité et de responsabilité. Pour le Chef de l’État, l’irrespect et le désordre sont les ferments du déclin.
Reste désormais à savoir si cette parole de fermeté se traduira, dans les mois à venir, par des actes concrets, des sanctions exemplaires et une pédagogie constante. Car c’est à cette condition que l’avertissement lancé trouvera un écho durable auprès d’une jeunesse qui attend, au-delà des mots, des preuves tangibles d’un changement réel.









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