A La UneDerniers articlesSOCIETE

Gabon : le ramassage des malades mentaux, une opération à l’abandon 

Ecouter l'article

Les malades mentaux errent aujourd’hui librement dans les rues de Libreville, sous le regard impuissant des populations. À chaque carrefour, dans les marchés, aux abords des écoles ou des administrations, ils déambulent parfois complètement nus, dans un état de grande vulnérabilité. Un spectacle choquant et indigne, qui traduit un constat alarmant : l’opération de ramassage des malades mentaux, lancée en 2020 par l’ancien ministre de la Santé Guy Patrick Obiang Ndong, est visiblement tombée aux oubliettes.

Cette situation n’est pas seulement gênante sur le plan social, elle est surtout dangereuse. Livrés à eux-mêmes, certains de ces malades présentent des comportements agressifs et imprévisibles. Ils peuvent s’en prendre aux passants, provoquer des accidents de circulation ou troubler l’ordre public. Laisser des personnes atteintes de troubles mentaux circuler sans encadrement médical constitue un risque réel, autant pour elles-mêmes que pour la population.

Un danger sécuritaire permanent pour les populations

Libreville, capitale du Gabon, semble aujourd’hui submergée par cette réalité. Les malades mentaux sont visibles partout, dormant à même le sol, errant sans repères, exposés aux violences et à l’exploitation. Cette errance incontrôlée met en lumière l’absence d’une politique publique cohérente et durable en matière de santé mentale. Elle révèle aussi un abandon progressif de cette frange fragile de la population, laissée pour compte.

Au-delà de l’aspect sécuritaire, l’impact sanitaire de cette situation est tout aussi préoccupant. On observe régulièrement ces malades fouiller les poubelles à mains nues, à la recherche de nourriture ou d’objets. En agissant ainsi, ils s’exposent à de nombreuses maladies infectieuses et contribuent, malgré eux, à la dégradation de l’environnement urbain.

Une urgence sanitaire face à des structures saturées

Le Centre national de santé mentale (CNSM) de Melen, unique structure spécialisée du pays, ne dispose que d’une centaine de places depuis sa création en 1995. Une capacité largement insuffisante au regard du nombre croissant de personnes atteintes de troubles mentaux. Faute de structures adaptées, de moyens financiers et humains conséquents, les malades mentaux sont abandonnés à la rue, transformant un problème de santé publique en crise sociale majeure.

Face à cette urgence sécuritaire et sanitaire, il devient impératif que les autorités relancent une véritable politique de prise en charge des maladies mentales. Car abandonner les malades mentaux, c’est exposer toute la société à un danger silencieux mais bien réel.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

[youtube-feed feed=2]
Bouton retour en haut de la page