Gabon : le PDG met en garde contre la détention de leaders syndicaux
La crise qui prévaut au sein de l’Éducation nationale, née des revendications liées à la régularisation des situations administratives et au paiement des droits dus aux enseignants, continue d’alimenter le débat public. Dans ce contexte, le Parti démocratique gabonais (PDG), formation dont est issue la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq, est sorti de sa réserve. Tout en saluant les efforts du gouvernement pour une sortie progressive de crise, le parti de masse a tenu à attirer l’attention sur un point préoccupant, la détention de leaders syndicaux Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, estimant que cette option comporte des risques pour l’apaisement social.
Dans un communiqué rendu public ce 22 janvier 2026, le PDG par la voix de sa porte-parole Frédérique Eyang Beyeme reconnaît sans ambiguïté « le caractère légitime des revendications du corps enseignant », rappelant qu’elles reposent sur « un socle juridique qui consacre le droit fondamental de faire grève conformément à l’article 23 alinéa 3 de la Constitution du 19 décembre 2024 ». Le parti souligne que les revendications, allant de la régularisation administrative au paiement des rappels de soldes, traduisent une précarité réelle du secteur éducatif et appellent des solutions « durables, intégrales et définitives ».
La détention des leaders syndicaux, un signal préoccupant
Soutenant les initiatives gouvernementales, le PDG met en avant les mesures déjà engagées, notamment la mise en place d’une commission tripartite Éducation–Fonction publique–Budget et la régularisation progressive de plus de 4 000 dossiers sur 6 574. Toutefois, le parti marque une ligne rouge en appelant à la retenue des autorités. « L’emprisonnement des leaders syndicaux n’est jamais de bon augure », prévient le communiqué, estimant que le dialogue demeure la voie la plus sûre pour résoudre une crise aussi complexe. Le PDG insiste sur le fait que la judiciarisation du conflit pourrait fragiliser les avancées obtenues par la négociation.
Dans le même temps, le parti invite à la responsabilité collective et encourage une reprise effective des cours, au regard de la signature, le 20 janvier 2026, d’un protocole d’accord entre le gouvernement et les enseignants. Fidèle à sa devise « dialogue, tolérance, paix », le PDG réaffirme sa conviction que « la crise actuelle ne peut trouver une solution par le recours à la force ou le boycott ». Il appelle ainsi l’ensemble des acteurs à privilégier l’intérêt supérieur de la nation, en protégeant la jeunesse et en garantissant la continuité du service public de l’éducation.








GMT TV
[youtube-feed feed=2]