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Gabon : le ministère de l’Éducation accusé de vouloir saboter l’AG de SOS Éducation

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À moins de 24 heures de la tenue annoncée de l’Assemblée générale de la plateforme SOS Éducation, prévue ce samedi 17 janvier sur le site de Martine Oulabou, l’incertitude domine. Les enseignants, mobilisés autour de ce mouvement syndical, s’interrogent sur la possibilité réelle de se réunir comme prévu. En cause, de sérieux soupçons portés par SOS Éducation contre le ministère de l’Éducation nationale, accusé de manœuvres visant à empêcher l’accès au site devant abriter cette rencontre jugée décisive par la base enseignante.

Selon Marcel Libama, figure de proue de la plateforme, « le ministère de l’Éducation nationale a appelé Martine Oulabou pour nous empêcher de tenir l’AG ». Une affirmation livrée par téléphone, qui contraste avec la version officielle. Le cabinet de la ministre d’État, Camélia Ntoutoume Leclercq, a formellement démenti toute implication directe, indiquant que la décision d’autoriser ou non une activité au sein d’un établissement scolaire relève exclusivement de la Direction d’académie provinciale (DAP) de l’Estuaire, vers laquelle il a renvoyé toute demande d’explication.

Une bataille décisive sur fond de défiance

Dans ce climat de confusion, il est difficile de démêler le vrai du faux. Une démarche auprès de la DAP de l’Estuaire n’a pas permis d’éclaircir immédiatement la situation. Le directeur, absent lors de notre passage, a indiqué par téléphone qu’il se rendait en réunion avec la tutelle, sans davantage de précisions. Cette absence de réponses claires alimente les soupçons et renforce le sentiment de méfiance exprimé par les responsables de SOS Éducation.

Pour Marcel Libama, le malaise est plus profond. Il estime que les négociations récemment annoncées en grande pompe par le gouvernement, à l’issue des travaux de la commission tripartite, n’ont été suivies ni d’un protocole d’accord formel, ni de procès-verbaux validant les discussions. Il évoque même une collusion présumée entre le ministère et certains membres de SOS Éducation, dont quelques-uns ont été décorés à l’issue des travaux, ce qui, selon lui, jette un doute sur la transparence du processus.

Dès lors, l’Assemblée générale de ce samedi apparaît comme un moment charnière. Sa tenue, aujourd’hui incertaine, doit permettre à la base de se prononcer sur la suite du bras de fer avec la tutelle. Si certains syndicats appellent à la reprise des cours dans l’attente de la mise en œuvre des décisions gouvernementales, plusieurs leaders de SOS Éducation restent sceptiques quant à la sincérité des engagements pris. Une fracture interne qui pourrait peser lourd sur l’avenir du mouvement.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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