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Gabon : le laxisme de l’Inspection générale des services du ministère de la Santé met les patients en danger

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À la suite de plaintes d’usagers, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) a procédé le 13 février 2026 à un contrôle inopiné dans un service de restauration d’une structure hospitalière du Grand Libreville. Les manquements constatés sont jugés graves et susceptibles d’exposer des patients vulnérables à des risques sanitaires majeurs. Au-delà du prestataire mis en demeure, c’est désormais la responsabilité des mécanismes de contrôle interne du ministère de la Santé qui interroge.

Vendredi dernier, l’AGASA a déclenché une mission de contrôle « suite à de multiples alertes émanant des usagers ». Le constat est sans appel : le prestataire a été « formellement mis en demeure pour des non-conformités graves présentant un risque sanitaire avéré ». Insalubrité des locaux, moisissures, stockage anarchique des denrées, matériel défectueux, absence de Plan de maîtrise sanitaire (PMS), inexistence d’un dispositif HACCP opérationnel, défaillances dans l’évacuation des eaux usées. Autant de manquements qui, selon l’Agence, exposent à des « risques microbiologiques, chimiques et physiques ».

Un maillon sanitaire abandonné à la négligence ?

Dans un hôpital, la restauration n’est pas un service accessoire. Elle participe directement à la prise en charge thérapeutique. Pour des patients parfois immunodéprimés, une intoxication alimentaire peut se transformer en complication grave. Comment de telles défaillances ont-elles pu perdurer sans réaction préalable des services compétents ?

La question renvoie inévitablement au rôle de l’Inspection générale des services du ministère de la Santé. Chargée d’évaluer, de contrôler et de prévenir les dysfonctionnements dans les structures sanitaires, elle semble ici avoir failli à sa mission. L’intervention de l’AGASA, déclenchée par des plaintes d’usagers et non par un contrôle interne du ministère, met en lumière un vide préoccupant dans la chaîne de surveillance.

L’urgence d’une réponse politique ferme

Cette situation dépasse le seul prestataire mis en cause. Elle révèle un défaut systémique de supervision. Le gouvernement ne peut se contenter d’une mise en demeure administrative. Des sanctions doivent être envisagées à l’encontre des responsables défaillants, et un audit global des services de restauration hospitalière devrait être engagé.

Dans le même temps, l’action de l’AGASA mérite d’être saluée et renforcée. L’Agence affirme vouloir étendre ses contrôles à d’autres structures. Encore faut-il qu’elle dispose des moyens humains, techniques et budgétaires à la hauteur de cette ambition. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a fait de la protection des populations un axe central de son action, est interpellé : doter l’AGASA de ressources suffisantes serait un signal fort en faveur de la sécurité sanitaire.

La restauration hospitalière touche à la dignité et à la vie même des patients. Le laxisme n’y a pas sa place. Si l’État entend restaurer la confiance dans le système de santé, il doit agir avec rigueur, transparence et fermeté. La santé publique ne tolère ni approximations ni complaisance.

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