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Gabon : le gouvernement met fin aux paiements sur X-Gest et reprend le contrôle de la plateforme

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Réuni autour du Vice-président du gouvernement Hermann Immongault, l’exécutif a décidé d’interdire immédiatement toute facturation sur l’application X-Gest. Une décision motivée par la volonté de préserver la gratuité du service public éducatif et de renforcer la souveraineté numérique de l’État.

Le gouvernement gabonais a tranché. Face à la polémique suscitée par l’instauration d’un paiement de 1 000 FCFA pour accéder à l’application X-Gest, une réunion d’urgence a été convoquée autour du Vice-président du gouvernement Hermann Immongault, en présence de la ministre de l’Éducation nationale Camélia Ntoutoume-Leclercq et du ministre de l’Économie numérique Marc Alexandre Doumba. Au terme des échanges, la décision est sans équivoque : tout paiement exigé des usagers est désormais interdit, l’application relevant du service public.

Une facturation jugée contraire au principe de service public

Au cœur de la controverse, la décision unilatérale du concepteur de la plateforme d’imposer un droit d’accès aux utilisateurs. Une pratique jugée inacceptable par les autorités, alors même que l’État a déjà investi massivement dans cet outil.

Selon les données présentées lors de la réunion, le développement de X-Gest a coûté 1,2 milliard de FCFA, auxquels s’ajoute une redevance mensuelle de 1 million de FCFA pour la maintenance, supportée par le ministère de l’Éducation nationale. « C’est un service public. Il n’est pas question de faire payer quoi que ce soit aux parents », a fermement rappelé Hermann Immongault, dénonçant une dérive incompatible avec les engagements de l’État en matière d’accès à l’éducation.

Souveraineté numérique et contrôle des données en question

Au-delà de l’aspect financier, l’affaire X-Gest soulève des enjeux plus profonds liés à la souveraineté numérique. Le fait qu’une entité privée puisse contrôler les données de milliers d’élèves, tout en imposant ses propres règles économiques, a été jugé préoccupant par les autorités. Face à ces risques, le Vice-président du gouvernement a instruit les ministres concernés de procéder à une évaluation approfondie du dispositif, notamment en ce qui concerne la gestion des codes sources, l’hébergement des données et le modèle économique de la plateforme.

L’objectif du gouvernement est de reprendre le contrôle technique et administratif de X-Gest afin d’en faire un outil pleinement maîtrisé par l’État. Un plan de reprise institutionnelle devra être élaboré dans les meilleurs délais, avec une échéance prioritaire : garantir un fonctionnement optimal de la plateforme avant les prochains examens. À travers cette décision, l’exécutif entend réaffirmer un principe fondamental : les outils numériques liés à l’éducation doivent rester accessibles, sécurisés et exclusivement orientés vers l’intérêt général. Une orientation qui marque une étape supplémentaire dans la volonté des autorités de concilier modernisation du système éducatif et souveraineté numérique.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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