A La UneDerniers articlesPOLITIQUE

Gabon : le gouvernement fait plier les majors pour le rapatriement des Fonds REST

Ecouter l'article

C’est un tournant historique pour la finance publique gabonaise et la gouvernance des ressources extractives en Afrique Centrale. Après six années d’enlisement technique, le dossier complexe du rapatriement des fonds destinés à la restauration des sites miniers (Fonds REST) a trouvé son épilogue au Palais du Bord de Mer.

Le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, pour acter le retour effectif de ces capitaux sur le sol gabonais. Cette victoire, qualifiée de « diplomatique et financière », marque la fin d’un bras de fer stérile avec les majors pétrolières entamé en 2020.

Le « Modèle Gabonais » : L’arbitrage politique comme levier

Le succès de cette opération repose sur ce que les observateurs appellent désormais le « Modèle Gabonais ». Le Gouverneur de la BEAC a salué le leadership présidentiel, soulignant que l’implication directe du Chef de l’État a permis de lever des verrous contractuels que les experts ne parvenaient plus à faire sauter. En imposant une crédibilité politique forte, le Gabon a su réaffirmer sa souveraineté sur ses ressources publiques face à des partenaires internationaux rompus aux subtilités juridiques.

Fin de la centralisation : Une révolution à la BEAC

L’autre séisme provoqué par cette audience est le changement radical de doctrine au sein de la Banque Centrale. Constatant l’échec d’une approche uniforme, la BEAC abandonne son modèle centralisé. « La BEAC privilégie désormais une méthode décentralisée, où chaque État mènera ses propres négociations bilatérales avec les compagnies », a annoncé Yvon Sana Bangui.

Cette stratégie pragmatique répond à l’hétérogénéité des contrats miniers au sein de la zone CEMAC. En devenant un simple assistant technique, la BEAC permet aux autorités locales de gagner en agilité, de réduire les délais de transaction et de s’approprier pleinement les solutions financières.

Au-delà de la bouffée d’oxygène pour les réserves de change, cette nouvelle dynamique assure que la richesse extractive serve enfin son but premier : la restauration écologique de l’avenir de l’Afrique Centrale.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Bouton retour en haut de la page