Gabon : le gouvernement et les syndicats scellent un accord pour la suspension de la grève des enseignants
Après plusieurs semaines de paralysie du système éducatif, le gouvernement gabonais et les partenaires sociaux du secteur de l’éducation ont signé, le 19 janvier 2026 à Libreville, un accord formalisant la suspension de la grève déclenchée le 5 janvier dernier. Un compromis encadré, assorti d’engagements chiffrés de l’État et d’un mécanisme de suivi, censé permettre une reprise progressive des cours tout en ouvrant un cycle de régularisation administrative et financière des enseignants.
Un accord politique et social sous l’égide du gouvernement. L’accord de suspension de la grève a été conclu entre le gouvernement de la République gabonaise, représenté notamment par Camélia Ntoutoume Leclercq, ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, Laurence Mengue Me Nzoghe, ministre de la Fonction publique, et Marc Abéghé, ministre délégué chargé du Budget.
Face à eux, les partenaires sociaux du secteur éducatif, à savoir le Collectif SOS Éducation, le Syndicat de l’Éducation nationale (SENA) et le Syndicat des Enseignements technique et professionnel (SYNETECHPRO), ont accepté de suspendre le mouvement de grève, sous réserve de la mise en œuvre effective des engagements pris par l’exécutif.
Des engagements chiffrés et datés à partir du 25 février
Dans le préambule du document, les parties reconnaissent à la fois le caractère constitutionnel du droit de grève, la légitimité des revendications liées aux situations administratives et financières des enseignants, mais aussi la nécessité de préserver la continuité du service public de l’éducation et l’intérêt supérieur des élèves.
Au cœur de l’accord figure une série d’engagements précis du gouvernement, dont la mise en œuvre est annoncée à compter du 25 février 2026. Il s’agit notamment de la mise en solde de 328 sortants des Écoles normales (ENS et ENSET), de l’intégration en présalaire de 692 sortants de l’ENIL et de l’ENIF, ainsi que de 1 810 enseignants anciennement bénévoles, représentant, selon l’accord, 100 % des dossiers pris en compte dans ces catégories.
S’y ajoute la régularisation de 4 000 dossiers sur un total de 6 574 situations administratives recensées, incluant titularisations, avancements automatiques et reclassements après stage, soit un taux de traitement annoncé de 60,85 %. Le reliquat devra être pris en charge progressivement, selon une programmation convenue dans le cadre des travaux de la commission de suivi et d’évaluation mise en place par arrêté interministériel.
Dialogue social et mécanisme de suivi
En contrepartie, les partenaires sociaux s’engagent à suspendre immédiatement la grève et à reprendre le travail, tout en participant activement aux instances de dialogue créées à cet effet. L’accord prévoit la mise en place d’un comité de suivi-évaluation paritaire, chargé d’apprécier l’état d’avancement des engagements et de discuter des éventuelles difficultés.
Ce comité devra se réunir au moins une fois par mois et rendre compte de l’exécution des mesures arrêtées. Le texte précise par ailleurs que l’accord est conclu pour une durée de six mois, sauf révision convenue par écrit entre les parties.
Une trêve sociale sous surveillance
Si la signature de cet accord marque une étape importante vers l’apaisement du climat social dans le secteur de l’éducation, elle n’éteint pas pour autant toutes les tensions. La suspension de la grève reste conditionnée au respect strict des engagements gouvernementaux, dans un contexte où la confiance entre l’État et les enseignants a été fortement éprouvée.
Pour les élèves et les parents, l’enjeu est désormais la reprise effective et durable des cours. Pour le gouvernement, il s’agit de transformer cet accord en résultats concrets, sous peine de voir la crise ressurgir. Les prochaines semaines seront donc décisives pour mesurer si cette trêve sociale marque un véritable tournant ou un simple répit dans un conflit structurel.









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