Gabon : le ghosting administratif, un phénomène banalisé
« L’administration publique est écrite », dit-on. C’est donc à travers des courriers que les citoyens sollicitent des réponses, des interviews, des éclaircissements ou des informations auprès des structures publiques. Pourtant, une réalité accablante persiste : de nombreuses lettres déposées restent sans suite. Une situation qui interroge et pousse à se demander quelle destination prennent réellement ces courriers une fois déposés dans les administrations.
Pour obtenir une audience, une réponse officielle ou un simple retour, les procédures exigent le dépôt d’un courrier suivi d’une attente parfois interminable. Contre toute attente, l’opinion publique est unanime sur un constat notamment, le phénomène du ghosting administratif. Une pratique devenue presque culturelle, qui participe largement à la lenteur administrative et qui semble aujourd’hui totalement banalisée. Le silence assourdissant qui s’installe décourage les citoyens et finit par les contraindre à abandonner toute relance.
Un parcours du combattant pour des réponses inexistantes
Il faut le reconnaître, déposer un document dans une administration publique relève souvent du parcours du combattant. Entre les allers-retours imposés pour une couleur de stylo jugée inappropriée, un format non conforme ou même un accoutrement considéré comme inadéquat, le citoyen doit faire preuve d’une patience extrême. Mais le véritable problème survient après, le ghosting administratif. Même lorsque des relances sont effectuées, les réponses restent les mêmes. « Nous n’avons pas reçu votre document. Êtes-vous sûr de l’avoir déposé ? Vous avez un accusé de réception ? ».
Ou encore « Je n’étais pas encore à ce poste, refaites une autre lettre, on vous répondra ». Autant d’arguments qui reviennent en boucle, sans jamais déboucher sur une solution concrète. Les populations se retrouvent ainsi avec des piles d’accusés de réception et de relances, pendant que du côté de l’administration, rien ne bouge. Au-delà des lenteurs administratives, ces blocages empêchent surtout l’accès à l’information en temps et en heure. Ce protocole ressemble davantage à une stratégie d’inaccessibilité de l’administration qu’à un véritable service public.
Une situation qui entrave le bon fonctionnement de l’État et favorise la prolifération des rumeurs et des fausses informations. Face à ce constat, les autorités gagneraient à se pencher sérieusement sur ce phénomène du ghosting administratif, qui s’apparente davantage à une gangrène qu’à un simple dysfonctionnement.









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