Me Kevin Nzigou : « Au-delà du cas Harold Leckat, qui sera le prochain ? »
L’Affaire du journaliste Harold Leckat Igassela, Directeur de publication de Gabon Media Time continue de faire du bruit. A la suite d’une audition le 20 octobre par un juge d’instruction, un mandat de dépôt a été délivré contre le patron de presse. Une issue qui a conduit son avocat, Maître Anges Kevin Nzigou a apporté quelques éléments au micro de RFI ce 21 octobre 2025.
C’est une sortie qui était particulièrement attendue, tant cette affaire suscite dégoût et incompréhension. Selon l’avocat d’Harold Leckat, qui s’exprimait pour la première fois sur ce dossier, son client serait accusé de violation des procédures de passation des marchés publics et d’escroquerie, dans le cadre « d’un contrat d’assistance en communication avec la Caisse des dépôts et consignations signé en 2020 », a affirmé Me Nzigou.
Un règlement de compte ciblé
Pour Maître Kevin Nzigou, « à bien regarder, il ne s’agit nullement d’une affaire pénale ordinaire », assure-t-il, évoquant « une affaire politique, un règlement de compte ciblé contre un professionnel des médias connu pour sa ligne éditoriale indépendante parfois critique ». L’avocat d’Harold Leckat n’hésite pas à parler d’un « montage grossier », soulevant selon lui une question fondamentale. « Depuis quand un prestataire décide-t-il du mode de passation des marchés publics ? », s’interroge Maître Nzigou parlant d’un « dossier creux, bancal et manifestement instrumentalisé ». Poursuivant son raisonnement, le Conseil du journaliste rappelle que « ce contrat a donné lieu à des prestations exécutées, validées, facturées, réglées ».
Selon lui, au regard de ces éléments, le faux dont il est fait mention par l’accusation ne peut être qualifié. Mettant cette affaire en perspective, Me Kevin Nzigou a exprimé son inquiétude quant au basculement vers un système répressif vis-à-vis d’une presse libre. « Au-delà du cas individuel, ce dossier pose une question inquiétante pour tous les journalistes et acteurs de la société civile », a prévenu l’avocat avant de s’interroger « quand on peut tourner le droit pénal pour museler une voix indépendante, qui sera le prochain ? ». Soulignons que selon plusieurs spécialistes qui se sont exprimés sur la question, cette affaire relève davantage du tribunal de commerce que d’une procédure pénale, crédibilisant ainsi la thèse d’une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.









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