Baisse de la richesse par habitant : la Banque mondiale appelle à des réformes urgentes

Dans sa Note de conjoncture économique du Gabon rendue publique en juin 2025, la Banque mondiale alerte sur la dégradation continue de la richesse par habitant au Gabon. Le rapport, intitulé Développer et préserver la richesse du Gabon pour améliorer les conditions de vie des populations souligne que, bien que la richesse nationale ait atteint 105 milliards de dollars en 2020, soit une progression de 35 % depuis 1995, elle reste mal distribuée et peu génératrice de bien-être pour la population.
Entre 2009 et 2016, le pays a connu une phase d’accumulation de richesses grâce à un boom pétrolier, renforcé par des investissements dans les infrastructures et la gestion durable des forêts. Le capital naturel représente aujourd’hui 42 % de la richesse nationale, devant le capital humain (31 %) et le capital physique (27 %). Toutefois, la Banque mondiale souligne que ces progrès ne se sont pas traduits par une amélioration des conditions de vie des Gabonais.
Un modèle de croissance à repenser en profondeur
Le rapport souligne une chute inquiétante de 34,7 % de la richesse par habitant entre 1995 et 2020. Cette baisse résulte notamment de l’incapacité du pays à transformer efficacement ses ressources naturelles en actifs productifs et en capital humain. Les déficits d’infrastructures, les failles de gouvernance et la forte dépendance aux cycles pétroliers ont contribué à une croissance économique instable, affectant directement le niveau de vie des citoyens.
Pour inverser cette tendance, la Banque mondiale recommande des réformes structurelles urgentes qui incluent une amélioration du climat des affaires, un renforcement de la gouvernance et un soutien à la diversification économique. La transformation locale du bois, des minerais, des produits agricoles ainsi que le développement de l’écotourisme figurent parmi les pistes prioritaires. « Il est essentiel d’augmenter les dépenses consacrées à l’éducation, aux compétences et à la santé, en alignant les investissements sur la capacité budgétaire », précise par ailleurs l’institution de Bretton Woods.
GMT TV