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Gabon : le braille, vers une reconnaissance comme patrimoine national ?

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Au Gabon, l’écriture en braille demeure encore largement méconnue et insuffisamment valorisée, malgré son importance capitale pour les personnes vivant avec une déficience visuelle. Sur un total d’environ 15 967 personnes vivant avec un handicap recensées en 2024, le taux de déficience visuelle est estimé à 23,8 %, incluant les personnes aveugles et malvoyantes. Pourtant, l’absence de reconnaissance sociale du braille, qui permet de lire et d’écrire par le toucher, fait que cette écriture est rarement utilisée dans les écoles, les administrations ou les espaces publics. Une situation qui entretient l’isolement, limite l’accès à l’information et freine l’épanouissement des personnes déficientes visuelles dans la société gabonaise.

Il faut rappeler que le braille n’est pas un simple outil technique, mais un véritable instrument d’autonomie et d’inclusion. Inventé au XIXᵉ siècle par Louis Braille, ce système de points en relief permet aux personnes non voyantes de lire, d’écrire et de penser de manière indépendante. Or, au Gabon, les supports en braille restent rares. De nombreux élèves déficients visuels n’ont pas accès à des manuels scolaires adaptés, tandis que des adultes, pourtant diplômés ou qualifiés, peinent à trouver un emploi correspondant à leurs compétences, comme le déplore régulièrement cette frange de la population.

Un levier d’autonomie et d’inclusion sociale

Reconnaître le braille comme patrimoine national irait bien au-delà d’un simple symbole. Une telle initiative offrirait un cadre officiel à la promotion du braille dans les établissements scolaires, les administrations publiques et les espaces culturels, renforçant ainsi sa visibilité et son utilité dans la vie quotidienne. Elle pourrait également inciter l’État à investir davantage dans la formation d’enseignants spécialisés, la production de supports pédagogiques en braille et la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation destinées à mieux faire comprendre le handicap visuel. 

Ce cadre valorisant viendrait ainsi appuyer le combat quotidien mené par les associations et les familles pour une inclusion réelle des aveugles et malvoyants. Au-delà des enjeux éducatifs et professionnels, reconnaître au niveau national le braille constituerait un acte fort en faveur des droits humains. Comme l’a souligné Arlette Nadia Mengue Bibang, présidente de l’Association des Aveugles et Amblyopes du Gabon, lors d’un point de presse tenu le 5 janvier 2026 : « Le braille n’est pas un privilège, mais un droit fondamental. »

Une telle reconnaissance contribuerait à faire reculer les barrières de l’exclusion et à replacer les personnes déficientes visuelles au cœur des politiques publiques. Dans une société qui aspire à l’égalité des chances, inscrire le braille au patrimoine national gabonais reviendrait à envoyer un message fort : chaque citoyen, quelle que soit sa vision du monde, a droit à la connaissance, à l’information et à la dignité.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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