Gabon : l’Arcep résolument tournée vers la souveraineté numérique
Un Atelier national sur la gouvernance de l’Internet s’est ouvert le 22 janvier 2026 à Libreville, sous le thème « Gouvernance Internet et Souveraineté Numérique ». Organisée par l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (Arcep), sous le haut patronage du ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, cette rencontre réunit durant deux jours des experts venus de l’étranger, ainsi que des représentants des administrations et institutions gabonaises. La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du ministre de la Réforme des institutions, François Ndong Obiang, et de la représentante du ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, empêché, soulignant l’importance stratégique accordée à la question de la souveraineté numérique.
Dans son allocution, le président du Conseil de régulation de l’Arcep, Célestin Kadjidja, a donné le ton des travaux en insistant sur la portée politique et stratégique de l’initiative. « La tenue de cet atelier dépasse le cadre d’un simple évènement inscrit au calendaire. Il incarne un engagement puissant d’une Afrique, et en particulier du Gabon, résolument inscrite dans les grands débats qui façonneront l’avenir du numérique mondial », a-t-il déclaré. Selon lui, cette dynamique démontre que « la souveraineté numérique s’élabore aussi depuis le Sud, à travers le dialogue, l’innovation et une régulation responsable et éthique des communications électroniques ».
Des enjeux concrets au cœur des débats
Acteur central de la régulation des communications électroniques et garant de l’accès à des réseaux sécurisés, l’Arcep entend, à travers cet atelier, apporter des réponses aux nouveaux défis auxquels font face les États à l’ère du numérique. Célestin Kadjidja a ainsi précisé que les échanges ne sauraient se limiter à des considérations théoriques. « Nos travaux prendront tout leur sens et ne devraient s’achever sans aborder des questions concrètes », a-t-il affirmé, citant notamment la souveraineté des données dans le cloud, le développement d’une cybersécurité nationale compatible avec la coopération internationale, la régulation des plateformes globales dans le respect des spécificités juridiques et culturelles, ainsi que la lutte contre une fracture numérique porteuse de nouvelles inégalités.
Après la phase protocolaire, les participants ont pris part à des exposés et échanges portant sur des problématiques d’intérêt vital pour les États. La première journée a été structurée autour de deux modules et d’un atelier, abordant la gouvernance de l’Internet, la coopération numérique et le partage d’expériences, tout en mettant l’accent sur les priorités nationales. À travers cette initiative, l’Arcep réaffirme son rôle moteur dans les stratégies d’innovation numérique. La clôture prévue le 23 janvier devrait permettre de jeter les bases d’une souveraineté numérique nationale conçue comme un levier d’émancipation, de développement et de coopération renforcée.








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