Gabon : l’activiste Célestin Minto’o écroué après des accusations sans preuves sur Guy-Bertrand Mapangou
Un activiste d’une quarantaine d’années a été placé sous mandat de dépôt le 11 février 2026 à la prison centrale de Gros-Bouquet pour « diffamation» et « atteinte à l’honneur » sur TikTok. Selon L’Union du 18 février 2026, les faits visaient le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Guy-Bertrand Mapangou. L’intéressé encourt au moins un an d’emprisonnement et une amende d’un million de francs CFA.
L’affaire, révélée par le quotidien L’Union, concerne Célestin Minto’o, écroué après la diffusion de plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux. Les contenus incriminés mettaient en cause Guy-Bertrand Mapangou, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC).
Des propos viraux et des aveux sans ambiguïté
Selon L’Union, l’enquête a été initialement instruite par la Direction générale des Recherches (DGR), à la suite d’une plainte déposée par le conseil de la partie visée. Le dossier « reposerait sur un faisceau d’accusations particulièrement graves, en lien avec les crimes de sang, notamment à Fougamou, dans le département de Tsamba-Magotsi ».
Toujours d’après L’Union, à travers « une série de vidéos devenues virales sur la toile, l’inculpé se montre particulièrement sûr de lui, en prononçant des propos violents et en distillant des informations aux allures destructrices ». Des déclarations susceptibles d’induire en erreur l’opinion publique et de laisser croire à l’existence de preuves accablantes.
Or, devant les enquêteurs, Célestin Minto’o aurait reconnu que ses affirmations « ne se fondaient sur aucune preuve ». Il aurait présenté des excuses publiques : « Je reconnais avoir diffamé M. Guy Bertrand Mapangou, je lui demande pardon ainsi qu’à son épouse et à ses enfants. Je n’ai aucune preuve. J’ai été induit en erreur et agi pour gagner en visibilité sur les réseaux sociaux », rapporte le quotidien.
Liberté d’expression et responsabilité pénale
Le mis en cause encourt « au moins un an de prison et une amende d’un million de francs », conformément à l’article 283 du Code pénal, précise L’Union. Cette affaire intervient dans un contexte où les débats sur la régulation des contenus numériques et les dérives sur les réseaux sociaux sont particulièrement sensibles.
Elle rappelle que si la liberté d’expression est un droit fondamental, elle s’exerce dans le respect des textes en vigueur. La viralité ne saurait exonérer de responsabilité pénale. À l’heure où les plateformes numériques amplifient les propos en quelques secondes, la prudence et la vérification demeurent des exigences incontournables.
Au-delà du cas individuel, ce dossier pose une question plus large : comment concilier liberté d’opinion et protection de l’honneur, dans un espace numérique devenu terrain d’affrontements symboliques et judiciaires ?








GMT TV
[youtube-feed feed=2]