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Gabon : la reprise se confirme, mais l’effet « Prépa Bac » interroge

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Après plusieurs semaines de tensions dans le secteur éducatif, la reprise des cours se confirme dans plusieurs établissements publics de Libreville. Selon L’Uniondu 18 février 2026, les salles de classe sont de nouveau bondées, enseignants et élèves ayant visiblement choisi d’éviter une année blanche. Toutefois, la présence massive des élèves de Terminale dans les « Prépas Bac » soulève de nouvelles préoccupations.

Le constat dressé par le quotidien L’Union est sans équivoque : « Les cours ont véritablement repris dans plusieurs établissements primaires et secondaires publics de Libreville ». Du lycée Mikolongo à Okala aux lycées Paul Indjendjet Gondjout et Léon Mba, en passant par les écoles publiques de Louis et d’Okala, « des salles de classes bondées d’élèves » ont été observées.

Les enseignants, « de plus en plus nombreux, dispensaient les cours tranquillement », rapporte le journal. Pour beaucoup d’acteurs du système éducatif, la volonté d’éviter une année blanche semble désormais avoir pris le dessus sur les revendications et les tensions passées.

Les Terminales attirées par les « Prépas Bac »

Si la reprise est effective, un bémol persiste : la présence accrue des élèves de Terminale dans les centres de « Prépa Bac ». Selon L’Union, il s’agit pour eux « d’une astuce […] pour contourner la grève et être à jour des enseignements ». Au lycée Mikolongo, la censeur pédagogique, Mba Ollo Philippine, explique : « Nous avons bien repris les cours avec les élèves des classes du premier cycle, et des classes de Seconde et Première. Par contre, ceux de Terminale commencent à revenir car la majorité poursuit les enseignements dans les Prépas Bac où ils se sont inscrits pendant la période de grève ».

Ce phénomène crée un déséquilibre pédagogique et statistique. « Cette situation fausse les pourcentages de réussite dans les classes de Terminale et met à mal les chefs d’établissements (…) », a renchéri le censeur vie scolaire du lycée Paul-Indjendjet Gondjout. 

Un impact sur les bourses et les moyennes

Au-delà des statistiques, les conséquences pourraient être plus profondes. L’Union rapporte que « les élèves qui s’inscrivent dans les Prépas Bac, une fois le Bac en poche, sont souvent confrontés à des difficultés en matière de moyenne pour l’obtention de la bourse nationale et même pour les bourses de coopération ». En se focalisant exclusivement sur l’obtention du diplôme, certains négligeraient les moyennes annuelles, déterminantes pour l’attribution des aides académiques. Une stratégie à court terme qui pourrait compromettre des opportunités à moyen terme.

La reprise est donc réelle, mais fragile. Elle révèle un système éducatif en quête de stabilité, où les solutions alternatives – comme les Prépas Bac – deviennent des réponses à des dysfonctionnements structurels. Pour le ministère de l’Éducation nationale, l’enjeu dépasse désormais la simple reprise des cours : il s’agit de restaurer la confiance, garantir l’équité et assurer un encadrement pédagogique cohérent jusqu’aux examens de fin d’année.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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