Gabon : la reprise des cours toujours en suspens, les parents pointés du doigt
Annoncée officiellement le 18 janvier 2026 à travers un communiqué du ministère de l’Éducation nationale diffusé au journal de 20 heures de Gabon Première, la reprise des cours peine toujours à se matérialiser sur le terrain. Dans plusieurs établissements de Libreville, les salles de classe sont restées désespérément vides au lendemain de cette déclaration, ravivant les incertitudes autour de l’issue de la crise éducative.
Interrogés par Gabon Media Time, plusieurs chefs d’établissements imputent cette situation à l’absence des élèves, bien que des enseignants aient répondu présents. Au lycée d’Oloumi, la direction affirme que les cours étaient bel et bien programmés, mais n’ont pu être dispensés faute d’élèves. Même constat au lycée Paul Indjendjet Gondjout, où le proviseur indique échanger régulièrement avec les apprenants via un groupe WhatsApp. Ces derniers auraient expliqué ne pas être autorisés par leurs parents à se rendre en classe.
Les parents entre prudence et solidarité avec les enseignants
Du côté des parents d’élèves, le discours est assumé. Plusieurs d’entre eux reconnaissent avoir volontairement gardé leurs enfants à domicile. En cause, la décision du collectif SOS Éducation, qui a confirmé le maintien de la grève lors de son assemblée générale du 17 janvier. « Même si le ministère annonce la reprise, si les enseignants ne sont pas tous en classe, qui va assurer les cours ? », s’interrogent certains parents.
D’autres vont plus loin et revendiquent un soutien clair au mouvement des enseignants, qualifié de « juste et légitime ». « Les enseignants sont aussi des parents comme nous », confient-ils, estimant que cette solidarité est une manière de peser dans le rapport de force. Une posture qui, si elle traduit un malaise profond, continue de pénaliser les élèves, premiers otages d’un bras de fer qui s’enlise. À mesure que les jours passent, l’urgence d’une réponse globale et crédible de la tutelle se fait pressante. Car au-delà des responsabilités partagées, la crise actuelle fragilise le calendrier scolaire et met à l’épreuve l’ambition affichée des autorités de bâtir un système éducatif performant et équitable.








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