Gabon : La prise en charge des cancers féminins encore insuffisante à ce jour !
Au Gabon, le mois consacré à la lutte contre les cancers féminins est chaque année marqué par une mobilisation visible. Campagnes de sensibilisation, dépistages gratuits, conférences et communications institutionnelles rythment cette période, donnant l’impression d’un engagement collectif fort. Institutions publiques, ONG, personnel soignant et partenaires techniques semblent tous impliqués. Pourtant, derrière cette dynamique apparente, la réalité reste préoccupante, de nombreuses femmes continuent de mourir du cancer, souvent dans l’indifférence et faute d’une prise en charge adaptée.
Les appels à l’aide relayés sur les réseaux sociaux traduisent l’ampleur du malaise. Incapables d’assumer les coûts élevés des examens, des traitements ou des évacuations sanitaires, des patientes et leurs familles se tournent vers la solidarité numérique, ultime recours face à un système de santé sous pression. En effet, le 2 février 2026, une vidéo diffusée par l’ONG Santé & Espoir de Femmes (OMI) est venue rappeler cette dure réalité, en appelant les autorités à intervenir pour deux patientes atteintes de cancer à Port-Gentil.
Des appels à l’aide qui révèlent les failles du système
Dans cette vidéo, la présidente de l’ONG, Luce Régine Avala, a lancé un appel direct au chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, en faveur de deux compatriotes souffrant respectivement d’un cancer du sein et d’un cancer du col de l’utérus. Selon la responsable associative, l’état de santé des deux patientes, actuellement hospitalisées au Centre hospitalier régional (CHR) de Port-Gentil, est jugé alarmant. Leur situation nécessiterait une évacuation sanitaire urgente vers Libreville afin de bénéficier d’une prise en charge spécialisée, indisponible sur place. Ces cas, loin d’être isolés, mettent en lumière les difficultés structurelles qui entourent la prise en charge des cancers féminins au Gabon.
Insuffisance de plateaux techniques en dehors de la capitale, manque de spécialistes, coûts prohibitifs des soins oncologiques et lenteurs dans l’activation des mécanismes d’assistance constituent autant de freins majeurs. Si l’État affiche une volonté de lutter contre le cancer, les actions menées semblent encore trop ponctuelles et inégalement réparties sur le territoire. Face à cette situation, il est crucial de transformer les engagements et les campagnes de sensibilisation en un système de prise en charge durable, efficace et équitable, capable de sauver des vies au-delà des discours et des périodes symboliques.









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