Gabon : la mobilité urbaine, un obstacle à la réussite scolaire
À Libreville et dans les communes périphériques, se rendre à l’école relève bien souvent du parcours du combattant pour de nombreux apprenants. Chaque matin, des milliers d’élèves font face à une mobilité urbaine défaillante qui compromet leur ponctualité, leur assiduité et, à terme, leur réussite scolaire. En cause, l’éloignement entre les lieux d’habitation et les établissements scolaires, conséquence d’une urbanisation mal maîtrisée et d’une mauvaise répartition des infrastructures éducatives.
Il n’est pas rare de voir des élèves résidant à Akanda poursuivre leur scolarité à Owendo, tandis que d’autres, vivant à Libreville, sont contraints de se rendre chaque jour à Ntoum. Ce chassé-croisé quotidien exerce une pression considérable sur les principaux axes routiers déjà saturés, notamment aux heures de pointe. Dès 7h30 passées, de nombreux apprenants sont encore agglutinés au bord des routes, espérant emprunter un taxi-bus ou un clando.
Une attente souvent interminable qui contraint la majorité à arriver en retard dans leurs établissements, exposant les élèves à des sanctions, alors même qu’ils sont indépendants de leur volonté.
Des matinées rythmées par l’attente et les retards
À ces difficultés s’ajoutent les embouteillages chroniques et l’état dégradé de certaines routes, qui ralentissent considérablement les déplacements. Dans un tel contexte, il devient difficile de parler d’égalité des chances, encore moins d’excellence scolaire, pourtant régulièrement prônée par les autorités. Cette mobilité chaotique impacte directement le quotidien des apprenants. La fatigue accumulée, le stress lié aux trajets et la peur d’arriver en retard nuisent à la concentration en classe et à la motivation.
Certains élèves quittent leur domicile avant l’aube et rentrent tard, au détriment du repos et du travail personnel. Au-delà de la simple question du transport, la mobilité urbaine est devenue un enjeu éducatif majeur. Elle conditionne l’accès à l’école, la qualité de l’apprentissage et la persévérance scolaire. Alors que le pays ambitionne de former une jeunesse compétente et compétitive, cette situation apparaît paradoxale.
Il est donc urgent d’apporter des réponses concrètes à travers le développement du transport scolaire, l’amélioration du réseau routier, le renforcement des transports publics et une meilleure répartition géographique des établissements. Tant que se rendre à l’école restera une épreuve, la réussite scolaire continuera d’être entravée. Aujourd’hui, la mobilité urbaine est un véritable poids lourd pour les apprenants gabonais.









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