Gabon : la Mairie de Libreville financièrement asphyxiée
Face à un endettement critique et des dysfonctionnements persistants, le Maire de la commune de Libreville Pierre Matthieu Obame Etoughe a publié ce 26 mars 2026 une note de cadrage budgétaire stricte référencée n°000441/PE/CL/CAB-CCDF. L’objectif est clair : restaurer la souveraineté financière de la capitale gabonaise.
La Mairie de Libreville traverse une zone de fortes turbulences. Dans sa récente note de cadrage, l’édile ne cache pas la gravité du diagnostic : la commune présente un niveau d’endettement élevé et fait face à des difficultés financières persistantes qui freinent son essor. Face à cette situation le plafond budgétaire pour l’exercice 2026 a été arrêté à 30 723 038 739 FCFA, un montant jugé inférieur aux engagements existants de la ville.
Cette crise n’est pas seulement conjoncturelle. Le Maire pointe du doigt des causes endogènes, notamment des dysfonctionnements réguliers dans la gestion municipale et une inertie aggravée par le contexte économique national. La structure même des dépenses est déséquilibrée par une masse salariale prépondérante qui absorbe l’essentiel des ressources au détriment de l’investissement.
Le choc de simplification et de rigueur
Pour amorcer le redressement, la municipalité mise sur une thérapie de choc articulée autour de cinq priorités. La première bataille sera celle des ressources humaines : un audit exhaustif et une cartographie des postes seront menés pour éliminer les doublons et les fonctions non productives. Les primes des membres du Cabinet seront révisées à la baisse et les recrutements non essentiels gelés.
Parallèlement, la ville veut briser sa dépendance aux ristournes fiscales de l’État, qui représentent 67% des recettes. La stratégie repose sur la digitalisation du recouvrement et la révision des taxes locales. L’ambition est de faire passer les droits et taxes de 4,8 milliards en 2025 à 6,8 milliards de FCFA en 2026.
Transparence et investissements ciblés
Pierre Matthieu Obame Etoughe exige également une « reconquête financière » par la transparence. Cela passera par la mise en place d’un suivi budgétaire trimestriel, de tableaux de bord de trésorerie et d’indicateurs de performance.
Malgré la rigueur, l’investissement reste une priorité, mais il sera désormais tourné vers des Partenariats Publics Privés (PPP) pour les services essentiels comme la gestion des déchets et l’éclairage public. Le message est ferme : chaque franc économisé sur le fonctionnement doit être réinvesti pour améliorer le quotidien des Librevillois.










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