Derniers articlesPOLITIQUE

Gabon : la fonction de ministre interdite aux naturalisés de première génération !

Ecouter l'article

L’ordonnance n°0004/PR/2026 du 26 février 2026, portant nouveau Code de la nationalité gabonaise, continue de faire couler encre et salive au sein de la classe politique et de la société civile à Libreville et à l’hinterland. Si le texte est salué par une frange de l’opinion pour son « patriotisme juridique », son article 58 introduit une rupture évidente dans le principe constitutionnel d’égalité des citoyens.

Après la magistrature et le commandement militaire, c’est au tour des fonctions ministérielles d’être soustraites de la main des gabonais dits d’adoption de « première génération » instaurés par le législateur. En effet, ces derniers seront désormais frappés d’une incapacité temporaire d’exercice de leur droit à une promotion politique. D’ailleurs, l’article 58 dispose que les personnes ayant acquis la nationalité par voie de naturalisation ou par l’effet du mariage se voient interdire l’accès aux fonctions les plus sensibles.

Le gouvernement sorti de l’escarcelle du Gabonais naturalisé !

Il faut avoir le courage de le dire, l’esprit et la lettre de cette disposition du nouveau Code de la nationalité établissent une exclusion catégorielle. Laquelle renvoie inéluctablement au pouvoir exécutif. Il s’agit notamment de l’interdiction d’être nommé membre du Gouvernement ou collaborateur du Chef de l’État. Au Gabon la frontière, entre la protection de la souveraineté et discrimination légale, est dorénavant fine. Et ce, alors même que la 5eme République est présentée par le Chef de l’État comme l’avènement de l’inclusion.

Sur le plan du droit pur, il est judicieux de relever que l’esprit du texte semble vouloir protéger les centres de décision stratégiques contre toute influence exogène. Ce qui semble justifier l’exigence d’une filiation nationale consolidée sur plusieurs générations pour prétendre aux hautes fonctions de l’État. Toutefois, de nombreux juristes s’interrogent sur la conventionnalité de cette mesure. Puisque la hiérarchie entre la nationalité d’origine et la nationalité acquise ne fait que fragiliser le statut de citoyen.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Bouton retour en haut de la page