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Gabon : la chouette, redoutable chasseur de rongeurs

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Rapace nocturne par excellence, la chouette est un oiseau carnivore dont l’activité de chasse s’effectue principalement la nuit, grâce à une vision particulièrement développée liée à la taille de ses yeux. Il s’agit d’une espèce qui joue un rôle essentiel dans l’équilibre naturel.Pourtant, au Gabon, croiser une chouette continue de susciter crainte et inquiétude au sein des populations. L’oiseau est encore largement associé à des croyances superstitieuses, voire à la sorcellerie, reléguant au second plan sa véritable valeur écologique.

Comme toute espèce animale, la chouette contribue activement au maintien de l’écosystème car elle se nourrit essentiellement de petits rongeurs tels que les mulots, souris, campagnols, musaraignes, loirs, lérots et rats. Les scientifiques rappellent qu’elle est un puissant régulateur naturel, capable de dévorer plusieurs milliers de rongeurs par an, limitant ainsi leur prolifération. Sa présence dans un milieu donné est souvent le signe d’un déséquilibre causé par l’abondance de proies, notamment dans des zones touchées par l’insalubrité. 

Quand la superstition prend le dessus sur la connaissance

En effet, la mauvaise gestion des déchets et l’environnement insalubre favorisent la prolifération des rats et des souris, attirant mécaniquement leurs prédateurs naturels, dont la chouette. Une réalité scientifique qui peine encore à s’imposer face aux croyances populaires puisque la peur suscitée par l’animal est parfois à l’origine d’actes de violence à son encontre. D’ailleurs, une publication datée du 12 décembre 2025, de Gabonactu rapporte qu’une chouette aurait atterri en pleine journée dans la cour d’une habitation à Libreville. Pris de panique, le propriétaire l’aurait tuée à coups de pelle avant de l’asperger de sel et de pétrole, puis de la brûler.

Un acte révélateur du manque de sensibilisation autour de l’importance écologique de cet oiseau. Sur les réseaux sociaux, certains internautes justifient de telles réactions. « Vaut mieux prévenir que guérir, on ne sait jamais, peut-être que c’est le distingue de quelqu’un », a commenté l’un d’eux. Un autre a renchéri, « Lui et le serpent, pour les humains africains, vous ne serez jamais épargnés ».

Ces réactions illustrent la persistance des croyances face à la connaissance scientifique. Pourtant, ce n’est qu’un oiseau, indispensable à la régulation des nuisibles et à la préservation de l’équilibre environnemental.

Face aux menaces qui pèsent sur certaines espèces, il apparaît urgent de renforcer la sensibilisation du public sur le rôle de la faune dans l’écosystème. Une meilleure information permettrait non seulement de déconstruire les idées reçues, mais aussi d’éviter que des animaux utiles ne disparaissent, victimes de la peur et de l’ignorance.

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