Gabon : la chasse aux talents dans les quartiers, un levier pour relancer le sport national
La récente défaite des Panthères du Gabon à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), le dimanche 28 décembre 2025 au Maroc, n’est pas un simple accident de parcours. Elle révèle une crise plus profonde du sport national, marquée par l’absence de vision à long terme, un déficit de renouvellement et une politique de détection des talents quasi inexistante. À chaque contre-performance, le même constat s’impose, le Gabon peine à préparer sa relève.
Pourtant, le pays regorge de talents. Dans les quartiers populaires de Libreville, Port-Gentil, Franceville ou Oyem, le sport s’exprime de manière spontanée et quotidienne. Football, basketball, athlétisme ou arts martiaux : sur des terrains improvisés, des jeunes démontrent un potentiel brut impressionnant. Mais ce vivier reste largement inexploité, faute de structures, de compétitions organisées et surtout d’un système crédible de repérage et d’accompagnement.
Un potentiel immense laissé en friche
Le problème ne réside pas dans le manque de talents, mais dans l’absence d’un véritable écosystème sportif. Les détections sont rares, souvent opportunistes, et les académies privées restent inaccessibles à la majorité des jeunes issus des quartiers défavorisés. Résultat, de nombreux talents abandonnent, faute de perspectives, tandis que les sélections nationales vieillissent sans véritable relève structurée.
Relancer le sport gabonais impose un changement de paradigme. L’État, les fédérations et les collectivités locales doivent investir les quartiers comme de véritables centres de formation à ciel ouvert comme c’est le cas à l’international. Tournois interquartiers réguliers, encadrement technique de proximité, formation des entraîneurs locaux, partenariats avec les établissements scolaires. Les solutions existent, à condition d’une volonté politique forte.
Changer de modèle pour bâtir l’avenir
Par ailleurs, l’implication des anciens sportifs de haut niveau pourrait jouer un rôle clé dans la transmission de l’expérience et des valeurs. Le sport ne peut plus être géré dans l’improvisation et la réaction après l’échec.
Si le Gabon veut retrouver sa place sur la scène sportive africaine, il doit cesser de regarder uniquement les résultats immédiats et miser sur sa jeunesse. La relance du sport national commence dans les quartiers, là où naissent les talents de demain, encore trop souvent ignorés aujourd’hui.








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