Gabon : la Centrale d’Achat, l’outil politique pour peser sur les prix dès avril 2026
Face à l’érosion persistante du pouvoir d’achat et à la flambée des produits de première nécessité, le gouvernement sort l’artillerie lourde. Le ministre de l’Économie et des Finances, Thierry Minko, annonce l’opérationnalisation imminente de la Centrale d’Achat du Gabon, présentée comme un instrument structurant pour reprendre la main sur les prix et corriger les dérives de la chaîne importation–logistique–distribution.
Au cœur de la stratégie, un principe simple : faire de l’État un « premier acheteur » centralisé afin de réduire les coûts d’acquisition, lisser les marges et neutraliser les inefficiences qui renchérissent artificiellement les prix. « Les coûts logistiques, les marges commerciales et certaines rentes pèsent lourdement sur le panier du ménage », constate le ministre, qui assume une réponse à la fois économique et politique à la vie chère.
Reprendre la main sur les prix importés
La Centrale d’Achat du Gabon a vocation à intervenir sur une liste ciblée de produits de première nécessité et de matériaux de construction, actuellement en cours de finalisation. En mutualisant les volumes et en négociant en amont, l’État entend obtenir de meilleures conditions d’achat, réduire les surcoûts de transport et contenir les marges excessives tout au long de la chaîne. Contrairement à certaines idées reçues, souligne le ministre, les droits de douane relèvent en grande partie de cadres communautaires ; le levier prioritaire se situe donc ailleurs : dans l’organisation du marché.
Le calendrier est serré. Le processus d’opérationnalisation est engagé et les « premiers effets devraient être perceptibles dès le mois d’avril ». Un signal attendu par des ménages éprouvés par la hausse des prix de l’alimentation, des matériaux et des biens essentiels.
De l’import-substitution à la production locale
Au-delà de l’urgence, la Centrale d’Achat s’inscrit dans une vision de moyen terme : promouvoir la production locale pour substituer progressivement les importations. L’objectif est double. D’une part, réduire la vulnérabilité aux chocs extérieurs (logistiques, monétaires, géopolitiques) ; d’autre part, stimuler l’offre domestique et l’emploi, condition d’une baisse durable des prix.
Pour Thierry Minko, la bataille contre la vie chère ne peut être gagnée sans diversification économique, amélioration des réseaux de transport et maîtrise des coûts logistiques. La Centrale d’Achat devient ainsi un levier d’orientation des marchés, mais aussi un catalyseur de politiques industrielles et agricoles.
Un accompagnement ciblé des plus vulnérables
Le ministre rappelle enfin que l’effort demandé aux citoyens s’accompagne de mesures de protection ciblées. Les ménages à revenus modestes, notamment les détenteurs de compteurs sociaux, restent exemptés de certaines taxes, tandis que le recensement général doit permettre d’affiner les dispositifs d’aide.
Instrument politique assumé, la Centrale d’Achat du Gabon marque un tournant : l’État entend désormais peser directement sur les prix, au nom de la justice sociale et de la souveraineté économique.








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