Gabon : la BAD table sur des perspectives de stabilisation à l’horizon 2026-2027
Alors que l’Afrique centrale montre des signes de renforcement global, le Gabon traverse une phase de ralentissement économique notable. Selon le dernier rapport du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) publié en janvier 2026, le pays doit naviguer entre une production pétrolière essoufflée et la nécessité urgente de diversifier ses recettes pour stabiliser ses finances publiques.
Le rapport de la BAD souligne un contraste frappant au sein de l’Afrique centrale. Si la région a maintenu une certaine dynamique grâce à l’exploitation minière en RDC, le Gabon, lui, a pesé sur la performance régionale. En 2025, la croissance du PIB réel gabonais est estimée à seulement 2,3 %, un chiffre bien en deçà de la moyenne continentale de 4,2 %.
Ce ralentissement s’explique principalement par la performance plus faible du secteur pétrolier, pilier historique de l’économie nationale. Contrairement à des pays pétroliers comme la Libye qui ont vu leur production s’envoler, le Gabon fait face à une maturité de ses champs pétrolifères qui limite ses capacités d’exportation.
Des perspectives de stabilisation à l’horizon 2026-2027
Malgré ce passage à vide, les prévisions à moyen terme offrent une lueur d’espoir. La croissance devrait légèrement se raffermir pour atteindre une moyenne de 3,0 % sur la période 2026-2027. Sur le front de la stabilité des prix, le Gabon affiche une performance exemplaire : l’inflation devrait être contenue à 2,3 %. Cette maîtrise monétaire place le pays parmi les deux tiers des économies africaines parvenant à maintenir une inflation sous le seuil des 5 %, protégeant ainsi le pouvoir d’achat des ménages contre les chocs extérieurs.
Toutefois, le tableau budgétaire reste préoccupant. Le pays affiche un déficit budgétaire projeté à –6,2 % du PIB, soulignant une pression continue sur les finances publiques. En revanche, la balance des comptes courants devrait rester excédentaire (+2,2 %), soutenue par les exportations de ressources naturelles.
L’urgence des réformes structurelles
Pour transformer cette résilience fragile en prospérité durable, la BAD préconise des « réformes structurelles audacieuses ». Pour le Gabon, l’enjeu consiste à rationaliser la dépense publique et à améliorer la gouvernance budgétaire pour combler les fuites financières. L’avenir économique du pays dépendra de sa capacité à attirer des investissements directs étrangers dans des secteurs productifs hors pétrole, afin de réduire sa vulnérabilité aux fluctuations des marchés mondiaux de l’énergie.









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