Gabon : Junior Xavier Ndong Ndong condamné à 6 mois ferme !
Au terme d’une audience très attendue au Palais de justice de Libreville, le tribunal a rendu, ce lundi 19 janvier 2026, son verdict dans l’affaire opposant l’État gabonais à Junior Xavier Ndong Ndong, président du Conseil des rites et traditions du Gabon. Le mis en cause pour des faits relatifs aux troubles à l’ordre public a été condamné à un an d’emprisonnement, dont 6 mois ferme et 6 mois avec sursis, assorti d’une amende de 500 000 FCFA.
Poursuivi initialement pour « trouble à l’ordre public », le prévenu avait fait l’objet d’une vive polémique après une sortie médiatique, le 25 décembre 2025, au cours de laquelle il avait affirmé que « un coup d’État » se préparait au Gabon, accompagné d’une vague d’enlèvements d’enfants et de crimes rituels. Il avait également dénoncé ce qu’il qualifiait de « chasse gardée » des administrations financières par certaines ethnies du pays, des propos perçus comme susceptibles de porter atteinte à la cohésion nationale.
Des excuses qui n’ont pas servi !
Durant l’audience, le Ministère public avait requis 6 mois de prison ferme et l’amende susmentionnée, rapporte notre confrère L’Union. Le procureur avait interrogé directement l’accusé : « Avez-vous tenu les propos selon lesquels un coup d’État était en préparation au Gabon et qu’une filière béninoise y était active ? Avez-vous indexé certaines ethnies ? ». Junior Xavier Ndong Ndong avait assumé ses déclarations tout en nuançant : « Je n’assume pas la compréhension qu’on en a faite, ces propos ayant été tronqués et sortis de leur contexte ».
La défense, composée de Mes Sostène Eyi Mvé, Hugues Boguikouma et Francis Nkéa, avait vigoureusement contesté la procédure. Les avocats ont pointé plusieurs vices de forme notamment l’absence d’information préalable du parquet par les officiers de police judiciaire (OPJ), dossier reposant essentiellement sur une « clé USB » contenant la vidéo de la conférence de presse, non visionnée par le tribunal selon eux, et absence de preuves concrètes de trouble effectif à l’ordre public. « Où sont les conséquences ? Dans quels quartiers des personnes se sont-elles soulevées ? », avait interrogé Me Nkéa.
La défense avait également relevé que le parquet avait vacillé en requalifiant partiellement les faits en « diffusion de fausses nouvelles », signe selon elle de la fragilité de l’accusation. Malgré ces arguments, le tribunal a suivi en grande partie les réquisitions du parquet. Dokira Atsam Ella, figure également du monde traditionnel et mis également en cause, aurait écopé de la même peine. Cette décision judiciaire viserait à dissuader le plus grand nombre à verser dans les discours touchant aux questions ethniques, aux traditions et à la sécurité nationale font l’objet d’une vigilance accrue des autorités gabonaises.








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