Derniers articlesPOLITIQUE

Gabon : Jean-Valentin Leyama appelle à la revalorisation du statut de l’enseignant

Ecouter l'article

Alors que la grève du collectif SOS Éducation se prolonge, la prise de position de Jean‑Valentin Leyama vient renforcer le camp des soutiens aux enseignants. Enseignant du supérieur à la retraite, parent d’élèves et acteur politique engagé, il appelle les grévistes à ne pas céder aux arguments budgétaires et à exiger une revalorisation substantielle de leur rémunération et de leur statut.

La crise éducative qui traverse le pays continue de susciter des réactions au-delà du monde enseignant. Dans une déclaration datée du 12 janvier 2026, Jean-Valentin Leyama a publiquement apporté son soutien au mouvement de SOS Éducation, estimant que les revendications portées sont légitimes et s’inscrivent dans une lutte plus large contre les injustices sociales.

Un soutien assumé, fondé sur l’expérience et la citoyenneté

Se présentant à la fois comme enseignant du supérieur retraité, parent d’élèves et citoyen engagé, Jean-Valentin Leyama dit connaître « la condition misérable des enseignants ». À ce titre, il affirme soutenir et encourager le mouvement en cours, appelant explicitement les jeunes enseignants à « tenir bon et dur ».

Pour lui, la question dépasse la conjoncture actuelle : elle touche au cœur du contrat social et à la place réelle accordée à l’éducation dans les priorités nationales.

Les restrictions budgétaires, un argument contesté

L’ancien enseignant rejette frontalement l’argument des restrictions budgétaires opposé aux grévistes. Il rappelle que le président de la République a, à plusieurs reprises, affirmé que « le pays a beaucoup d’argent ». À l’appui de cette position, il dresse une liste d’éléments qu’il juge révélateurs des choix budgétaires de l’État : construction d’immeubles et de gratte-ciel, élargissement des institutions, recrutements massifs dans les forces de défense et de sécurité, revalorisation des soldes des hauts gradés, nominations nombreuses en Conseil des ministres ou encore maintien d’un train de vie élevé de l’État.

À cela s’ajoute, selon lui, la renonciation à 100 milliards de francs CFA issus des fonds souverains, une enveloppe qu’il estime suffisante pour répondre aux besoins urgents des enseignants.

Revaloriser la rémunération et restaurer la dignité

Au-delà des salaires, Jean-Valentin Leyama plaide pour une refonte du statut de l’enseignant. « L’enseignant doit être le mieux payé parmi les agents publics », affirme-t-il, appelant à sortir la profession de ce qu’il qualifie de « clochardisation ».

Une prise de position qui relance le débat sur la hiérarchisation des priorités publiques et sur la reconnaissance concrète de ceux qui, selon ses mots, « ont permis aux dirigeants d’être là où ils sont ». Dans un contexte de tension sociale persistante, cette voix ajoute du poids aux revendications de SOS Éducation, désormais inscrites au cœur du débat national.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

[youtube-feed feed=2]
Bouton retour en haut de la page