Gabon : insalubrité et voitures rafistolées, cette négligence qui ternit l’image des clandomans
C’est un constat préoccupant que l’on fait chaque jour dans les rues de Libreville. Les clandomans, ces conducteurs de taxis non conventionnés pourtant très sollicités et indispensables, notamment dans les quartiers difficiles d’accès, exercent dans des conditions qui laissent à désirer. Si leur utilité n’est plus à démontrer, l’état de leurs véhicules et parfois leur présentation personnelle posent un véritable problème d’image et de sécurité.
Emprunter un « clando » relève souvent de l’épreuve. Entre les odeurs corporelles fortes, les vêtements sales, l’haleine incommodante, et l’intérieur des véhicules endommager, le malaise est fréquent. Les manivelles pour baisser les vitres sont parfois cassées, les sièges déchirés laissent apparaître la mousse, et certaines portières ferment difficilement. Souvent le design d’origine du véhicule a totalement disparu, remplacé par des rafistolages de fortune. Un calvaire pour les passagers et une situation regrettable, surtout pour un service aussi utilisé au quotidien.
Hygiène et sécurité, un impératif pour redorer l’image du secteur
Face à cette réalité, il devient urgent de structurer davantage ce secteur. Le transport en commun ne devrait jamais rimer avec insalubrité. Être conducteur, c’est aussi être en contact direct avec des clients. La présentation et l’hygiène ne sont pas des détails, mais des exigences professionnelles. Subir des odeurs désagréables dans un espace fermé pendant plusieurs minutes est inconfortable et irrespectueux pour les passagers. Face à cette situation, il est essentiel qu’une campagne de sensibilisation sur l’hygiène et l’entretien des véhicules soit un premier pas vers une amélioration significative.
Il n’y a pas de sot métier. Chaque activité mérite d’être exercée avec sérieux et dignité. Négliger l’entretien d’un véhicule expose non seulement l’image du conducteur, mais aussi la sécurité des passagers. En effet, circuler avec une voiture dont les freins sont défaillants, un moteur mal entretenu, augmente le risque d’incendie ou d’accident. Toutes ces choses ne sont pas à minimiser mais soulève une question essentielle notamment peut-on prétendre aimer son métier tout en l’exerçant avec autant de négligence ?
Il est temps que les responsables de la sécurité routière se saisissent pleinement de la question. Mais au-delà des autorités, un sursaut de conscience des clandomans eux-mêmes est indispensable car ce métier, si essentiel dans la mobilité urbaine, mérite de briller autant sur le fond que sur la forme.










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