Gabon : Hermann Immongault met les ministres face aux priorités présidentielles
À l’occasion de la première session inaugurale du Conseil interministériel depuis sa nomination, le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a fixé une ligne claire : traduire sans délai les orientations du Président de la République en actions concrètes. À quelques semaines des premières évaluations, l’Exécutif est sommé d’entrer pleinement dans une culture de résultats.
Le message a été sans ambiguïté. Réunissant les membres du gouvernement issus de la nouvelle équipe formée après les élections législatives et municipales, Hermann Immongault a rappelé à chacun l’impératif de mise en œuvre effective des priorités définies par le Brice Clotaire Oligui Nguema. Pour le coordonnateur de l’action gouvernementale, l’heure n’est plus aux intentions, mais à l’exécution rigoureuse.
Ce rappel intervient dans un contexte de calendrier resserré. D’ici au 4 février 2026, chaque ministre devra présenter au Chef de l’État une feuille de route des 100 jours de son département. Une étape décisive qui sera suivie, le 6 mars 2026, par la formalisation du contrat de performance ministériel, appelé à devenir l’outil central de pilotage et d’évaluation de l’action publique.
Des feuilles de route orientées vers l’action
La feuille de route des 100 jours devra, selon les orientations arrêtées, décliner les priorités stratégiques immédiates, les actions à engager sans délai, un calendrier précis d’exécution, ainsi que les principaux risques identifiés, accompagnés de mesures d’atténuation. L’objectif est d’installer une logique de planification opérationnelle, loin des approches théoriques ou incantatoires.
S’agissant du contrat de performance ministériel, Hermann Immongault a insisté sur son caractère structurant. Les membres du gouvernement sont appelés à produire des objectifs stratégiques clairs, hiérarchisés et mesurables, assortis d’indicateurs de performance précis, production, accès aux services, coûts, délais et impact social, ainsi que de cibles trimestrielles et de mécanismes de suivi, d’alerte et de correction. « Ce contrat constitue l’outil central de dialogue, d’évaluation et de redevabilité entre le Président de la République et chaque ministre », a-t-il souligné.
Des chantiers prioritaires déjà sous suivi
Pour illustrer cette dynamique, le vice-président du Gouvernement a évoqué les travaux récents du comité ministériel de pilotage. Plusieurs dossiers structurants ont été examinés, notamment l’état d’avancement de la centrale d’achat, le plan sectoriel d’accès universel à l’eau et à l’énergie, l’opérationnalisation des cinq fonds stratégiques, l’exécution de la mesure relative à l’interdiction d’importation du poulet de chair, le programme « Un Gabonais, un titre foncier », ainsi que l’alignement des textes à la nouvelle Constitution.
Les plans d’action des 100 jours des ministères de l’Économie et du Logement ont également fait l’objet d’un examen approfondi. Les réunions tenues la semaine dernière ont permis de dresser un état des lieux précis de ces projets, tout en identifiant les goulots d’étranglement, administratifs, financiers, organisationnels ou humains, qui freinent leur mise en œuvre.
Responsabilisation individuelle et fin du laxisme
La méthode prônée par Hermann Immongault repose sur un principe simple : identifier rapidement les blocages, proposer des solutions efficaces et accélérer la cadence d’exécution. « Chaque membre du gouvernement est appelé à prendre pleinement ses responsabilités face aux missions qui lui ont été confiées », a-t-il martelé, précisant que la responsabilité ministérielle est individuelle, assumée et vérifiable.
Le vice-président du Gouvernement a par ailleurs insisté sur le rôle clé du Secrétariat général du gouvernement, appelé à être pleinement imprégné de sa mission de fluidification de l’action de l’Exécutif. Une exigence en parfaite cohérence avec le triptyque rappelé par le Chef de l’État lors du Conseil des ministres du 5 janvier dernier : discipline, redevabilité et résultats concrets au bénéfice des populations.
En filigrane, cette prise de parole traduit une volonté affirmée de renforcer la gouvernance et de rompre avec toute forme d’inaction. À l’orée des premières échéances, le signal est clair : le gouvernement est désormais attendu sur des résultats tangibles, au service direct des Gabonais.








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