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Gabon : Germain Biahodjow frappe fort contre les réseaux internes et les dérives administratives

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À peine trois mois après sa prise de fonctions, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, imprime sa marque. Suspension de la Secrétaire générale, dénonciation de pratiques internes jugées déviantes et volonté affichée de restaurer l’éthique : le ton est donné. Au cœur de cette offensive, un constat sans concession sur un système miné par le clientélisme, la marginalisation des compétences et une administration en perte de repères.

Une suspension qui sonne comme un avertissement. Le signal est fort. Par note d’information n°0341/NCM/CAB-M, le ministre a acté la suspension temporaire d’Anastasie Kengue épouse Pamba, Secrétaire générale du ministère de la communication, à compter du 16 mars 2026.

Des réseaux internes pointés du doigt

Présentée comme une mesure conservatoire, cette décision vise, selon le ministre, à « garantir le bon fonctionnement de l’administration ». Mais au-delà de l’acte administratif, c’est un message politique qui est envoyé : l’impunité n’a plus sa place dans un secteur aussi stratégique que la communication. « Cette mesure est guidée uniquement par l’exigence de rigueur et d’exemplarité », a martelé Germain Biahodjow, le lundi 23 mars 2026 au terme d’une communication informelle après la traditionnelle levée  des couleurs, plaçant d’emblée son action sous le sceau de la responsabilité.

Dans une sortie rare par sa franchise, le ministre le ministre de la Communication et des Médias a dénoncé un système profondément vicié.  « Comment peut-on nommer à des postes de responsabilité des agents de catégorie B, en écartant les A1 et A2 ? C’est un crime. C’est un réseau », a-t-il précisé.  Le diagnostic est sans appel : une administration infiltrée par des logiques de contrôle, où certains acteurs cherchent à capter des segments entiers de pouvoir administratif, au détriment des profils qualifiés. Une dérive qui, selon lui, a contribué à affaiblir durablement la qualité du service public.

Un service public en perte de standards

Les conséquences de ces pratiques sont visibles : un audiovisuel public qui ne répond plus aux normes, une gouvernance éclatée, des décisions prises en dehors des critères de compétence. En creux, le ministre pointe une réalité bien connue mais rarement assumée : la mise à l’écart des professionnels formés, notamment les journalistes, au profit de réseaux d’influence internes. Résultat : un secteur stratégique devenu fragile, inefficace et décrédibilisé.

Rompre avec l’esprit mercantiliste. Au-delà des nominations contestées, Germain Biahodjow s’attaque à un mal plus profond : l’esprit mercantiliste qui gangrène l’administration. Une logique où les fonctions publiques ne sont plus perçues comme des missions de service, mais comme des positions à rentabiliser. En disant « non » à ces pratiques, le ministre inscrit son action dans une volonté de rupture avec les habitudes héritées, souvent associées à des circuits informels de pouvoir et d’intérêts.

Rigueur, discipline et exemplarité comme ligne directrice

Derrière les décisions fortes, une doctrine se dessine :  célérité dans le traitement des dossiers, probité dans la gestion administrative, discipline dans l’exécution des missions, respect strict de la hiérarchie et des textes. Autant de principes que le ministre entend imposer pour redonner au ministère sa crédibilité et son efficacité.

Cette dynamique s’inscrit dans la vision du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a fait de la redevabilité et de la discipline administrative des piliers de la Transition. La participation du ministre et de ses équipes à la levée des couleurs, rituel républicain instauré au sommet de l’État, illustre cette volonté de réancrer l’administration dans ses fondamentaux.

Un test de crédibilité pour la réforme

En s’attaquant frontalement aux réseaux internes et aux dérives administratives, Germain Biahodjow ouvre un chantier sensible. Car réformer, ce n’est pas seulement dénoncer. C’est tenir dans la durée, résister aux pressions, et produire des résultats visibles. La suspension de la Secrétaire générale marque un tournant. Reste à savoir si cette volonté de rupture se traduira par une transformation structurelle du secteur.

Une chose est certaine : la communication publique ne peut plus être un espace de complaisance. Elle doit redevenir un instrument de service, de vérité et de performance au service de l’État et des citoyens.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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