Gabon–FMI : Oligui Nguema fixe le cap d’un accord stratégique d’ici mai 2026
Réuni le 26 février 2026 sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a abordé les questions économiques, notamment la présence d’une mission du Fonds monétaire international (FMI) à Libreville. Le Chef de l’État a instruit le gouvernement d’accélérer les travaux en vue de conclure un programme économique et financier au plus tard en mai prochain, tout en fixant des lignes rouges claires.
Le Gabon amorce officiellement un nouveau cycle de dialogue avec les institutions de Bretton Woods. Lors du Conseil des ministres tenu ce jeudi au Palais de la Présidence, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a salué la présence au Gabon d’une mission du Fonds monétaire international (FMI).
Un accord présenté comme un gage de crédibilité
Cette mission s’inscrit dans le prolongement de l’audience accordée le 5 novembre 2025 et de l’annonce officielle faite le 22 janvier 2026 à Brazzaville, en marge du sommet de la CEMAC, marquant la volonté du Gabon de renouer un dialogue constructif avec les partenaires financiers internationaux.
Pour le Chef de l’État, la conclusion d’un programme économique et financier avec le FMI constitue « une nécessité stratégique ». Au-delà d’un simple exercice technique, il s’agirait d’un levier destiné à renforcer la crédibilité du pays, rassurer les partenaires techniques et financiers et sécuriser l’accompagnement du programme national de transformation économique. Le Président a ainsi instruit le ministre chargé de l’Économie et des Finances d’accélérer les travaux préparatoires afin d’aboutir à la signature d’un accord au plus tard en mai 2026.
Des lignes rouges fixées par l’exécutif
Toutefois, le cadre de négociation a été clairement balisé. Le Chef de l’État a posé quatre principes « intangibles » : la sanctuarisation des projets prioritaires validés par le suffrage populaire lors de la dernière élection présidentielle, la protection effective des ménages vulnérables, la rationalisation rigoureuse des dépenses publiques pour éliminer les charges improductives et une gestion proactive, soutenable et responsable de la dette publique.
Le recours au FMI, a-t-il insisté, ne doit pas être interprété comme un renoncement, mais comme un instrument au service de la souveraineté économique et du développement durable.
Exigence d’exemplarité et rappel à l’ordre gouvernemental
Dans la seconde partie de son intervention, Brice Clotaire Oligui Nguema a rappelé les membres du gouvernement à leurs obligations fondamentales. S’agissant des nominations actées en Conseil des ministres, il a réaffirmé l’exigence d’exemplarité, de compétence et d’équilibre dans la représentation nationale.
Le principe de « géocompétence » a été réitéré, articulant mérite avéré et représentativité harmonieuse des différentes composantes de la Nation. Le Chef de l’État a indiqué qu’il veillerait personnellement à la qualité et à la rigueur des choix opérés. Il a également insisté sur la nécessité d’une coordination renforcée au sein de l’équipe gouvernementale. L’action ministérielle, a-t-il martelé, « ne saurait être sectorielle ni personnelle : elle est collective et solidaire ».
Un appel à l’unité dans un contexte social tendu
Dans un contexte marqué par des attentes sociales fortes et des défis économiques persistants, le Président a appelé à un sursaut d’unité, de discipline et d’efficacité. En plaçant l’accord avec le FMI au cœur de l’agenda économique et en exigeant une gouvernance plus rigoureuse, l’exécutif entend donner des signaux clairs aux partenaires internationaux comme à l’opinion nationale. Reste à savoir si cette séquence débouchera, d’ici mai, sur un programme structurant capable de redresser durablement les équilibres macroéconomiques du pays.








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