Gabon : FMI, fiscalité, gouvernance, Otandault plaide pour une réforme sans matraquage
Dans une tribune publiée dans Jeune Afrique, l’ancien ministre d’Etat en charge du Budget Jean-Fidèle Otandault défend une ligne de crête : engager des réformes budgétaires crédibles avec le FMI sans asphyxier l’économie ni fragiliser les plus vulnérables. Une équation politique où la méthode compte autant que les chiffres.
Alors que les tensions budgétaires se resserrent et que l’hypothèse d’un programme avec le FMI s’impose à nouveau dans le débat public, Jean-Fidèle Otandault appelle à rompre avec les réflexes du passé. Pour lui, l’enjeu n’est ni l’orthodoxie punitive ni le déni des contraintes, mais une réforme « sur mesure », adaptée aux réalités gabonaises et à l’état de son tissu économique.
L’ancien argentier de l’État rappelle que la dette n’est pas un tabou et que le FMI peut être un partenaire utile, à condition que le programme soit négocié avec lucidité. « Sans préparation adéquate, un accord peut s’étirer sur des mois et retarder l’accès aux financements indispensables », prévient-il, plaidant pour des objectifs réalistes et des séquences de réformes compatibles avec les capacités du pays.
Réformer sans étouffer : la ligne rouge fiscale
Au cœur de son propos, une conviction : le redressement ne peut passer par un matraquage fiscal. Jean-Fidèle Otandault s’oppose clairement à toute hausse d’impôts ou création de nouvelles taxes qui viendraient asphyxier les PME et PMI, déjà fragilisées. La mobilisation des recettes publiques doit, selon lui, reposer sur une meilleure collecte, non sur une pression accrue.
Cela suppose de rationaliser les dépenses fiscales à faible valeur ajoutée, d’améliorer l’efficacité des administrations et de lutter contre les fuites de recettes. « L’enjeu n’est pas de taxer davantage, mais de mieux collecter et mieux gérer les ressources existantes », insiste-t-il, appelant à une gouvernance budgétaire plus rigoureuse et plus transparente.
Civisme fiscal et climat des affaires, leviers du redressement
La réforme budgétaire est aussi, pour l’auteur, une affaire de confiance. Le civisme fiscal ne se décrète pas ; il se construit par l’exemplarité de l’État, la lisibilité des règles et l’équité de l’effort demandé. Chaque opérateur économique et chaque citoyen doit déclarer correctement ses revenus, mais encore faut-il que l’impôt soit perçu comme juste et utile.
Enfin, Jean-Fidèle Otandault relie étroitement discipline budgétaire et amélioration du climat des affaires. Sans un environnement propice à l’investissement et à la croissance, aucune trajectoire de redressement ne sera durable. Son message est clair : la réforme n’est pas qu’un exercice comptable. C’est un choix politique qui engage la crédibilité de l’État et l’avenir social du pays.









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