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Gabon : Fiscalité, péages, jeux de hasard, l’État assume des choix impopulaires pour redresser les finances

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Taxe forfaitaire d’habitation, parkings payants, péages routiers, fin de certaines exonérations et refonte du secteur des jeux de hasard : dans son discours de vœux à la Nation, le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema a assumé une ligne budgétaire ferme. Des mesures socialement sensibles, présentées comme nécessaires pour restaurer les finances publiques et consolider la souveraineté économique du Gabon.

Au cœur de l’intervention présidentielle, un message clair : l’État n’entend plus différer des décisions difficiles au nom de la facilité politique. La trajectoire budgétaire annoncée repose sur l’élargissement de l’assiette fiscale, la rationalisation des dépenses et une meilleure mobilisation des recettes, dans un contexte marqué par un endettement lourd et des besoins sociaux persistants.

Une fiscalité élargie pour stabiliser les recettes

La taxe forfaitaire d’habitation, souvent critiquée pour son impact direct sur les ménages, est assumée comme un outil de stabilisation des recettes locales. Pour l’exécutif, il s’agit de doter les collectivités de ressources propres et régulières, condition indispensable à la décentralisation et à l’amélioration des services de proximité.

Dans le même esprit, la mise en place de parkings payants et de péages vise à capter des revenus jusque-là inexploités, tout en contribuant à l’entretien des infrastructures. Le Président l’a reconnu : ces mesures peuvent susciter des résistances. Mais elles s’inscrivent, selon lui, dans une logique d’équité contributive et de responsabilisation des usagers.

Exonérations et jeux de hasard : la fin des angles morts

Autre axe majeur : la suppression de certaines exonérations fiscales, longtemps dénoncées pour leur coût budgétaire et leur faible impact économique. En mettant fin à des privilèges jugés inefficaces, l’État entend corriger des distorsions et rétablir une concurrence plus saine entre acteurs économiques.

La réforme du secteur des jeux de hasard participe de cette même volonté. En revalorisant les recettes issues de cette activité et en renforçant la traçabilité, le gouvernement cherche à capter des flux financiers importants, tout en améliorant la protection des populations face aux dérives liées au jeu. Un choix à la fois budgétaire et social, présenté comme un levier de financement des priorités nationales.

L’épreuve de l’acceptabilité sociale

Reste la question centrale de l’acceptabilité sociale. Le Chef de l’État a lui-même reconnu que ces réformes ne sauraient être comprises si elles ne s’accompagnent pas d’une amélioration tangible des conditions de vie. Accès à l’eau, à l’électricité, à la santé et à l’éducation : l’exécutif lie explicitement l’effort fiscal demandé aux citoyens à des retombées concrètes et mesurables.

Cette pédagogie de l’impopulaire constitue un pari politique. Elle suppose transparence dans l’utilisation des fonds, lutte effective contre la corruption et exemplarité des gestionnaires publics. Sans ces garde-fous, les mesures annoncées risqueraient de nourrir défiance et incompréhension.

Redresser sans renoncer

À travers ces choix, le pouvoir affiche une volonté de rupture avec les ajustements à demi-mesure. Fiscalité élargie, recettes diversifiées, dépenses rationalisées : la ligne est assumée. Reste désormais à traduire cette rigueur en résultats visibles, condition sine qua non pour transformer des décisions impopulaires en réformes acceptées, et faire de l’effort collectif un investissement crédible dans l’avenir du pays.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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