Gabon : Faut-il rendre le test ADN gratuit ?
Dans une société gabonaise qui normalise de plus en plus le concubinage et les relations sexuelles en dehors du cadre légal du mariage, la question de la véritable origine des grossesses et de la paternité réelle se pose avec une acuité particulière. Face à cette évolution des mœurs, rendre le test ADN gratuit dans les cas de doutes légitimes, notamment sur requête d’un magistrat, apparaît comme une mesure de justice sociale et de stabilité familiale.
Tristement répandus, les drames où des maris découvrent tardivement que les enfants qu’ils élèvent ne sont pas les leurs biologiquement minent le tissu social gabonais. Ces révélations tardives provoquent des séparations douloureuses, des contestations d’héritage, des litiges sur les pensions alimentaires et de profonds traumatismes psychologiques pour les enfants, les mères et les pères présumés. Elles ébranlent la confiance au sein des couples et fragilisent le « vivre ensemble ».
Test ADN, la clé d’ouverture de la boîte à Pandore ?
En 2026 au Gabon comme dans la plupart des pays subsahariens, cet examen scientifique infaillible reste largement inaccessible. Dans les centres agréés, son coût avoisine le million de FCFA. Une somme exorbitante qui conduit au fait que la vérité biologique est désormais réservée aux seuls ménages aisés, tandis que la majorité des Gabonais reste prisonnière du doute et de l’incertitude. Même dans le cadre judiciaire, où le juge peut ordonner le test pour établir ou contester une filiation, ce prix élevé constitue un obstacle.
Il faut avoir le courage de le dire, rendre le test ADN gratuit pour les cas de doutes légitimes et sur réquisition judiciaire présenterait de multiples avantages. D’abord, il garantirait l’égalité d’accès à la preuve scientifique. Tout citoyen, indépendamment de ses moyens financiers, pourrait obtenir une réponse claire et objective. Cela renforcerait la confiance dans les relations de couple et au sein des familles recomposées, souvent issues de concubinages. Ensuite, cette mesure protégerait les droits de l’enfant.
Lesquels incluent le droit fondamental de connaître ses origines biologiques, conformément aux engagements internationaux du Gabon. Est-ce nécessaire de rappeler qu’une filiation établie sur des bases solides favorise le bien-être psychologique des mineurs et clarifie les responsabilités parentales ? Sur le plan sociétal, la gratuité sélective permettrait de réduire les conflits familiaux prolongés. En Afrique, le phénomène des incertitudes de paternité n’est pas marginal. « La mère c’est sûr, le père peut-être ». Ça a assez duré !









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