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Gabon Express, Esther Miracle : ces dossiers qui mettent à nu les lenteurs de la justice gabonaise

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Vingt-deux ans après le crash de l’avion Gabon Express et bientôt trois ans après le naufrage de l’Esther Miracle, les familles des victimes attendent toujours une décision judiciaire définitive. Dans son édition du 19 janvier 2026 (page 9), L’Union revient sur ces deux tragédies emblématiques qui cristallisent, encore aujourd’hui, les dysfonctionnements persistants de la justice gabonaise.

Le temps judiciaire gabonais semble suspendu. Deux drames majeurs de l’histoire récente du pays, le crash aérien de Gabon Express survenu le 8 juin 2004 et le naufrage du navire Esther Miracle dans la nuit du 8 au 9 mars 2023, continuent de hanter les familles des victimes. Selon une analyse publiée par L’Union dans son édition du lundi 19 janvier 2026 (page 9), aucune avancée judiciaire décisive n’a permis, à ce jour, d’apporter vérité, responsabilité et réparation.

Pour les proches des disparus et des rescapés, l’épreuve ne se limite pas au deuil. « Tant que ces affaires ne connaîtront pas leur dénouement judiciaire, il leur sera impossible de faire leur deuil », souligne le quotidien public, relayant le sentiment d’abandon et d’injustice qui domine au sein des collectifs de parents de victimes.

Deux drames, des zones d’ombre persistantes

Le premier dossier remonte à près de 22 ans. Le 8 juin 2004, un avion de Gabon Express, qui venait de décoller de l’aéroport international de Libreville à destination de Franceville, s’écrasait au nord de la capitale. À son bord, 30 passagers : 19 perdirent la vie, 11 survécurent. Malgré la gravité du drame, de nombreuses questions demeurent sans réponse. L’appareil était-il réellement assuré ? Quel était son état mécanique exact pour qu’une avarie survienne si rapidement après le décollage ? Autant d’interrogations que les familles continuent de poser, année après année, sans obtenir d’éclairage judiciaire définitif, rapporte L’Union.

Le second drame, plus récent, est celui du naufrage de l’Esther Miracle, ferry exploité par la société Royal Coast Marine, qui a sombré près de la Pointe-Denis alors qu’il ralliait Port-Gentil. Officiellement, au moins 21 morts ont été enregistrés, tandis que 16 passagers n’ont jamais été retrouvés. Là encore, l’instruction judiciaire semble s’enliser.

Une justice à l’épreuve du temps

Selon L’Union, un procès concernant l’affaire Esther Miracle avait pourtant failli se tenir devant le Tribunal correctionnel de Libreville le 8 août 2025. Officiellement pour des raisons de procédures, l’audience avait été renvoyée à la rentrée judiciaire 2025-2026. Depuis, plus rien. Après le très médiatisé procès de Noureddin Bongo Valentin, de Sylvia Bongo Ondimba et de leurs coaccusés, ces dossiers n’ont toujours pas été rappelés à la barre.

Cette lenteur nourrit un profond malaise. « Combien de temps encore la justice, dont les décisions sont rendues au nom du peuple gabonais, aura-t-elle besoin pour se prononcer définitivement sur ces deux affaires ? », s’interroge le quotidien, faisant écho à une exaspération largement partagée.

Une attente devenue symbole

Au-delà des chiffres et des procédures, les affaires Gabon Express et Esther Miracle sont devenues le symbole d’une justice perçue comme incapable de clore des dossiers pourtant emblématiques. Pour les familles, chaque anniversaire de ces tragédies ravive la douleur et le sentiment d’inachevé : dans cinq mois pour Gabon Express, dans deux mois pour Esther Miracle.

Tant que la vérité judiciaire ne sera pas établie, ces drames resteront des plaies ouvertes dans la mémoire collective. Et avec elles, une question lancinante : comment restaurer la confiance dans une justice qui tarde à dire le droit, même lorsque des vies humaines ont été emportées ?

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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