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Gabon : Exécution, résultats, redevabilité, Oligui Nguema impose une nouvelle grammaire gouvernementale

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À l’ouverture du premier Conseil des ministres de la Ve République, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a posé les bases d’une gouvernance de rupture. Pilotage stratégique, redevabilité et culture du résultat constituent désormais le triptyque cardinal de l’action publique. Une nouvelle grammaire gouvernementale qui entend rompre avec les pratiques du passé et soumettre l’Exécutif à l’épreuve permanente des faits.

D’emblée, le Chef de l’État a tenu à dissiper toute ambiguïté : la Ve République ne sera ni celle des intentions, ni celle des annonces sans suite. Elle devra être celle de l’exécution. Ce positionnement traduit une lecture lucide du moment politique. Après la Transition, l’exigence citoyenne s’est déplacée : le débat ne porte plus sur la légitimité des institutions, mais sur leur efficacité réelle.

Dans cette perspective, l’action gouvernementale est appelée à changer de nature. Gouverner ne consistera plus à gérer des portefeuilles sectoriels de manière cloisonnée, mais à piloter des priorités nationales clairement identifiées, alignées sur le Programme national de croissance et de développement (PNCD), désormais érigé en boussole exclusive de l’Exécutif.

Le pilotage stratégique comme fin de l’improvisation

Premier pilier de cette nouvelle doctrine, le pilotage stratégique impose à chaque ministre un périmètre précis, des objectifs clairs et des livrables identifiables. Il n’y aura plus de dilution des responsabilités ni de chevauchement des compétences. L’État, a martelé le Président, doit redevenir un État qui anticipe, arbitre et décide.

Cette exigence marque la fin d’une gouvernance réactive et fragmentée. Elle oblige les ministères à penser leurs actions dans une logique de cohérence globale, en lien direct avec les priorités économiques, sociales et territoriales du pays.

Redevabilité et culture du résultat : l’épreuve des faits

Deuxième pilier, la redevabilité redéfinit la responsabilité ministérielle. Celle-ci ne se mesurera plus à l’activité administrative, mais aux résultats obtenus. Chaque membre du gouvernement devra rendre compte, de manière régulière et factuelle, de l’exécution des missions qui lui sont confiées.

Enfin, la culture du résultat vient consacrer la rupture la plus symbolique. Il s’agit de tourner définitivement le dos à la culture des moyens et des procédures sans fin, pour évaluer l’action publique à l’aune de son impact concret sur la vie des populations, l’emploi, la production nationale et la qualité des services publics.

À travers ce triptyque, Brice Clotaire Oligui Nguema fixe une ligne claire : la Ve République sera jugée sur pièces. L’autorité politique ne se proclamera plus, elle se démontrera.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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