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Gabon : excédé par une  «parafiscalité infernale» les commerçants demandent une réaction du gouvernement

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Ce samedi 04 avril 2026, la Chambre de commerce de Libreville a servi de cadre à une assemblée générale de restitution des démarches entreprises par le Syndicat autonome des commerçants du Gabon (SYNACOG). Au cœur de cette rencontre animée par Jonas Mouniengou Mbembo, Secrétaire général dudit syndicat, la pression fiscale jugée étouffante et un cadre réglementaire qui menace la survie des petits opérateurs.

Inspiré par les consignes de dialogue prônées par le président de la République, le SYNACOG a choisi la voie de la concertation plutôt que celle du front. Pourtant, le constat reste amer. Lors de son intervention Jonas Mouniengou Mbembo a dénoncé une situation qui perdure depuis une décennie : « Nous avons saisi les opérateurs et l’administration pour un problème qui concerne la pratique excessive de la parafiscalité. […] Tant au plan de la collectivité locale qu’au plan de l’administration publique, c’est vraiment infernal. », a-t-il indiqué. 

Selon les commerçants, le secteur de l’alimentation est particulièrement touché par des contrôles de plus en plus récurrents. Le syndicaliste pointe du doigt des amendes jugées excessives et des majorations horaires intenables. Selon lui, les commerçants envisagent des mesures radicales : « Les opérateurs économiques ont décidé […] soit de fermer tous les jours à 18 heures et de fermer tous les week-ends pour éviter ce double paiement » lié aux taxes sanitaires.

Conflits de compétences et coût de la vie

Outre la fiscalité, le SYNACOG fustige le manque de clarté administrative. Multiplier les interlocuteurs revient à multiplier les prélèvements pour un même service. « Nous avons revendiqué une harmonisation des textes pour savoir quelle est réellement l’administration compétente en matière d’hygiène. Parce qu’il y en a plus de 4 ou 5 qui font la même chose », explique-t-il.

Enfin, la question du pouvoir d’achat et des coûts de production a été abordée, notamment pour la filière boulangerie. Alors que les cours mondiaux du blé se sont stabilisés après les crises du Covid-19 et de l’Ukraine, le prix de la farine locale ne baisse pas. Le syndicat demande à l’État un retour du sac de farine à 16 000 FCFA afin de pouvoir vendre la baguette à 110 FCFA.

Malgré ces griefs, une lueur d’espoir subsiste avec la nomination d’un nouveau directeur provincial à l’AGASA. « Le nouveau nous a appelés aussitôt, nous nous sommes assis et pour lui, nous sommes partenaires », confie Jonas Mouniengou Mbembo, tout en restant vigilant sur les retombées concrètes des échanges en cours avec le vice-président du gouvernement.

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