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Gabon : états généraux, réforme institutionnelle, pouvoir d’achat, EPG dévoile sa feuille de route politique pour 2026

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À l’occasion de ses vœux à la presse, le président d’Ensemble Pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze, est allé bien au-delà de l’exercice protocolaire. Dans un discours dense et structuré, l’ancien Premier ministre a esquissé une véritable plateforme politique articulée autour de huit priorités majeures, posant les jalons d’une alternative assumée face à la gouvernance actuelle. Refondation institutionnelle, justice sociale, réforme électorale et pouvoir d’achat constituent le socle de cette feuille de route pour 2026.

Les États généraux de la Nation, réponse au « bricolage institutionnel ». Au cœur de la vision de l’EPG figure la convocation d’États généraux de la Nation. Pour Alain-Claude Bilie-By-Nze, les institutions issues de la Transition et consolidées sous la Ve République souffrent d’un « bricolage » profond : concentration excessive des pouvoirs, flou dans les responsabilités et déséquilibres structurels.

Plutôt qu’un dialogue politique de circonstance, il propose un cadre national inclusif visant à repenser les fondements mêmes de l’État gabonais : institutions, modèle économique, cohésion sociale et vivre-ensemble. Soixante ans après l’indépendance et plus de trois décennies après la Conférence nationale, l’EPG estime qu’une pause collective s’impose pour redéfinir un cap durable. Ne rien faire, prévient-il, relèverait désormais de la faute historique.

Une architecture exécutive remise en cause

Autre point central : la critique de l’architecture institutionnelle actuelle, notamment la suppression de la fonction de Premier ministre au profit d’un exécutif hybride. Selon Bilie-By-Nze, cette configuration entretient l’irresponsabilité et l’inefficacité, en brouillant les chaînes de commandement et de reddition des comptes.

L’EPG plaide pour une révision constitutionnelle profonde, via une Constituante, afin de restaurer des responsabilités claires et assumées. Trois ans après le coup d’État, l’ancien chef du gouvernement estime que le temps des justifications est révolu : la gouvernance actuelle doit désormais être jugée sur ses propres résultats, qu’il qualifie de plus en plus préoccupants.

Pouvoir d’achat et justice sociale au cœur du projet

Sur le terrain social, le discours se veut particulièrement offensif. Face à une inflation persistante et à une multiplication de taxes jugées mal calibrées, Alain-Claude Bilie-By-Nze alerte sur l’asphyxie progressive des ménages et des entreprises. La Taxe Forfaitaire d’Habitation, les nouvelles fiscalités indirectes et le renforcement des charges sociales sont présentés comme les symboles d’une politique fiscale improvisée.

L’EPG réclame une loi de finances rectificative pour corriger ces mesures et appelle à une conférence nationale sur les salaires et le pouvoir d’achat. Dans un contexte où « tout augmente sauf les revenus », l’ancien Premier ministre estime qu’aucune refondation nationale ne peut se faire en laissant travailleurs et retraités s’enfoncer dans la précarité.

Alternance politique et message sans ambiguïté

En filigrane de cette feuille de route se dessine un objectif politique clair : préparer l’alternance. Le message « 7 ans, c’est trop » lancé par le président de l’EPG se veut à la fois un avertissement et un appel à la responsabilité collective. Pour lui, prolonger un cycle de gouvernance jugé erratique serait une fuite en avant aux conséquences économiques, sociales et institutionnelles lourdes.

À travers cette plateforme, l’EPG cherche ainsi à se positionner non comme une force de protestation ponctuelle, mais comme un acteur structurant de l’alternative politique. Une démarche qui, dans un contexte de tensions sociales et de défiance institutionnelle, entend transformer les vœux en projet, et le diagnostic critique en ambition de pouvoir

Morel Mondjo Mouega

Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lancement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Rédacteur en chef

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