Derniers articlesSOCIETE

Gabon : entrepreneuriat et commerce, des ambitions à l’épreuve du réel ?

Ecouter l'article

À l’heure du bilan des 100 premiers jours et des projections sur les 70 à venir, le ministère du Commerce, des PME, des PMI et de l’Entrepreneuriat des jeunes décline sa feuille de route. Si l’ambition est affichée, la faisabilité interroge au regard des contraintes budgétaires et administratives.

Dans son édition du lundi 16 février 2026, L’Union pose une question essentielle « La ministre peut-elle atteindre les objectifs visés ? ». Une interrogation qui traduit les attentes fortes suscitées par ce département stratégique, dans un contexte où l’employabilité des jeunes demeure une urgence sociale.

Une feuille de route ambitieuse

Selon le quotidien, la stratégie présentée s’inscrit dans les « grands chantiers de la Ve République », adossée au Plan stratégique sur la construction du nouvel édifice (PSNE) Gabon et au Programme national de croissance et de développement (PNCD).

Parmi les annonces figurent la création d’une plateforme numérique de financement, la révision de la loi sur les PME, l’opérationnalisation du Comité national de la sous-traitance, la mobilisation des partenaires financiers ainsi que l’accompagnement des jeunes porteurs de projets. Plusieurs initiatives emblématiques doivent également être relancées, à l’image de « Un Gabonais un box », « Gab-Lub » ou encore « Un Gabonais une épicerie ». Des projets qui, sur le papier, traduisent un volontarisme politique certain.

Des contraintes structurelles persistantes

Mais au-delà des intentions, L’Union souligne que « si la feuille de route séduit par son ambition, sa faisabilité interroge ». Les contraintes budgétaires demeurent fortes et « conditionnent largement la mise en œuvre effective de ces projets ». 

Les délais annoncés, notamment pour les « 100 prochains jours », paraissent courts au regard des lourdeurs administratives et des réalités financières de l’État. Une observation lucide dans un environnement où les réformes structurelles peinent souvent à franchir le cap de l’exécution.
Autre limite pointée : « la faible prise en compte des petits métiers (couture, restauration, maraîchage, cordonnerie…) ». Or, ces activités constituent le socle du tissu économique local et offrent des perspectives d’insertion rapide pour des milliers de jeunes.

Entre annonces et résultats

Le défi est désormais clair : transformer les annonces en actions concrètes et inclusives. Car l’enjeu dépasse la communication institutionnelle. Il touche à la crédibilité même de la politique publique en matière d’entrepreneuriat.

Entre volontarisme politique et contraintes structurelles, la réussite de cette feuille de route dépendra moins des effets d’annonce que de la capacité à lever les obstacles administratifs, à mobiliser des financements réels et à intégrer les secteurs informels qui irriguent l’économie nationale.
Au-delà des 100 jours, c’est sur la durée que se jugera la portée réelle des promesses faites aux jeunes entrepreneurs gabonais

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

[youtube-feed feed=2]
Bouton retour en haut de la page