Gabon : entrave aux libertés, chômage, précarité… l’opposition appelle à la mobilisation

Marginalisée depuis le coup d’Etat, souvent jugée inaudible face aux décisions du pouvoir, l’opposition gabonaise tente de reprendre l’initiative politique. À l’initiative de la Coalition pour la Nouvelle République (CNR), plusieurs partis et figures politiques se sont réunis ce 7 mars 2026 à Libreville pour dresser un diagnostic sévère de la situation nationale. Parmi les personnalités présentes figuraient notamment Alain-Claude Bilie-By-Nze, président du parti Ensemble pour le Gabon, le président du parti Réagir, Michel Ongoundou Loundah, ainsi que le leader des Souverainistes-Écologistes, Francis Hubert Aubame, aux côtés d’autres formations politiques. L’objectif de cette rencontre était de parler d’une seule voix sur la situation économique, politique et sociale du pays et tenter de structurer un front politique capable de peser dans le débat public.
Au cours de cette déclaration solennelle, lue par Joseph Benoît Mouity Nzamba, président du Parti gabonais du progrès (PGP) et membre de la CNR, l’opposition a dressé un réquisitoire détaillé contre la gestion de la transition par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Revenant sur l’espoir suscité par le coup d’État du 30 août 2023, les signataires estiment que les promesses de rupture n’ont pas été tenues. Ils dénoncent notamment des « mensonges d’État » autour de la création annoncée de 163 000 emplois pour les jeunes, alors que plus de 140 000 dossiers de candidature déposés dans les administrations seraient restés sans suite.
Un réquisitoire contre la gestion de la transition
La coalition pointe également une dégradation des conditions de vie des populations. Inflation persistante, difficultés d’accès au crédit pour les jeunes entrepreneurs, crise du système de santé ou encore précarité croissante des étudiants boursiers à l’étranger. Autant de signes, selon elle, d’une gouvernance incapable d’apporter des réponses concrètes aux attentes sociales. Les dirigeants de la CNR évoquent aussi un endettement public en forte progression sans investissements structurants visibles, ainsi que des opérations de déguerpissements urbains jugées brutales et menées sans véritable politique de relogement.
Arrestations d’acteurs syndicaux et politiques, pressions sur les médias, menaces de dissolution de certains partis et suspension récente des réseaux sociaux par la Haute Autorité de la communication. Autant de décisions pour lesquelles l’opposition dénonce ce qu’elle considère comme un recul démocratique. Face à cette situation, la Coalition pour la Nouvelle République et ses alliés appellent les gabonais à une « prise de conscience patriotique » et à la constitution d’un large front démocratique. Un appel à la mobilisation citoyenne qui vise, selon ses promoteurs, à peser sur l’avenir politique du pays.










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