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Gabon : Enseignement supérieur, Charles Edgard Mombo face au chaudron universitaire

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Nommé à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Pr Charles Edgard Mombo hérite d’un portefeuille parmi les plus sensibles de l’action publique. Crises récurrentes dans les universités, colère estudiantine, sous-financement chronique et recherche à l’agonie : le nouveau ministre entre en fonction dans un climat de tension extrême.

Le ministère de l’Enseignement supérieur a changé de mains, mais les défis, eux, demeurent entiers. Désormais aux commandes, Charles Edgard Mombo, universitaire chevronné, ancien vice-recteur de Université Omar Bongo et député élu de Mabanda (Nyanga), prend les rênes d’un secteur en crise profonde. Son profil académique rassure. Son expérience du système universitaire gabonais est incontestable. Mais le terrain sur lequel il est attendu relève davantage du champ de bataille que de l’amphithéâtre. L’enseignement supérieur gabonais traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente.

Universités sous tension permanente

Vaisseau amiral du système, l’Université Omar Bongo concentre à elle seule l’essentiel des dysfonctionnements : infrastructures dégradées, amphithéâtres saturés, effectifs pléthoriques, retards récurrents de bourses et tensions sociales quasi permanentes. Une situation qui fragilise la crédibilité de l’institution et alimente une exaspération étudiante devenue chronique.
Le constat est similaire à l’intérieur du pays, notamment à l’Université des Sciences et Techniques de Masuku, confrontée aux mêmes maux structurels. Ici comme ailleurs, l’urgence n’est plus au diagnostic, mais à l’action.

Le nouveau ministre devra rapidement calmer les tensions, restaurer un climat de confiance et repenser en profondeur la gouvernance universitaire. La question de la qualité des enseignements, des conditions de travail des enseignants-chercheurs et de l’adéquation des formations aux besoins du marché de l’emploi s’impose comme un chantier prioritaire.

À cela s’ajoute la nécessité de mobiliser l’État de manière plus structurée, tout en ouvrant davantage le secteur aux partenariats internationaux et aux financements privés, afin de rapprocher les universités gabonaises des standards régionaux et africains.

La recherche, grande oubliée de l’action publique

Autre dossier brûlant : la recherche scientifique. Longtemps parent pauvre des politiques publiques, elle est aujourd’hui exsangue. Baisse drastique des financements, laboratoires à l’arrêt, projets gelés, fuite des cerveaux : la production scientifique nationale peine à exister dans l’espace régional et international. Sur ce terrain, le Pr Mombo n’aura pas le luxe du temps long. Les attentes de la communauté universitaire sont immenses, et la moindre hésitation pourrait raviver des tensions à peine contenues.

Sa double casquette d’universitaire et d’homme politique peut constituer un atout décisif, à condition qu’elle lui permette de faire le lien entre les réalités du terrain et les arbitrages budgétaires au sommet de l’État. À défaut, elle pourrait aussi devenir un handicap. Pour Charles Edgard Mombo, l’équation est claire : réformer vite, apaiser durablement et reconstruire un enseignement supérieur crédible. Dans le cas contraire, le chaudron universitaire pourrait rapidement déborder.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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