Gabon : Emmanuel Ondo Metogho tire sa révérence
Emmanuel Ondo Metogho, ancien ministre et dignitaire de la commune de Bitam, affectueusement surnommé « Méthode » par ses proches, a rendu son dernier souffle ce mercredi 11 février 2026 à l’Hôpital d’instruction des armées Omar Bongo Ondimba, au PK 9 à Libreville.
Né le 24 juin 1946 à Bitam, dans la région fang du Gabon septentrional, Ondo Metogho avait, au fil des décennies, édifié une carrière politique solide, bâtie avec la patience et la persévérance de ceux qui savent que le temps est l’allié des véritables bâtisseurs. Son parcours a débuté à la fin des années 1980 en tant que conseiller économique d’Omar Bongo, puis il est devenu député du Woleu-Ntem en 1990, avant de se voir confier le ministère de la Planification dès 1991. Les échelons du pouvoir se sont enchaînés pour lui : vice-Premier ministre, président du Conseil national de la communication (CNC, aujourd’hui ancêtre de la Haute Autorité de la Communication), sénateur du Ntem… Des titres qui s’accumulent comme les strates géologiques d’un pays en constante évolution.
La fin de l’ère du patron politique de Bitam
Cependant, réduire Emmanuel Ondo Metogho à une simple liste de fonctions serait une grave erreur. Car cet homme était d’abord un symbole, un territoire en lui-même. Bitam, dont il se vantait d’être le « patron politique », était à la fois son royaume et son fardeau. Sa rivalité de longue date avec René Ndemezo’o Obiang et ses batailles électorales emblématiques, notamment celle des sénatoriales de 2021 contre Christian Edou Mintsa, ont dessiné la cartographie complexe d’un fief qu’aucun autre n’est parvenu à conquérir.
Discret dans les cercles où d’autres brillaient par leur présence, Ondo Metogho était redoutable dans les coulisses où se prennent les véritables décisions. Il incarnait cette catégorie en voie de disparition : le politique de l’ombre, celui dont le silence a plus de poids que les discours flamboyants des orateurs d’estrade.
Notable de Bitam et patriarche de la tribu Ayong Eba’a, Ondo Metogho laisse derrière lui un monde politique en transformation, un monde qui s’efface peu à peu avec sa disparition. À presque 80 ans, il avait su faire preuve d’une longévité politique impressionnante, emportant avec lui des secrets d’État qui resteront désormais scellés dans un silence définitif.









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