Gabon : Eau, électricité, hôpitaux, Oligui Nguema place les services essentiels au cœur de l’an 2026
Dans son discours de vœux à la Nation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a clairement affiché les priorités sociales et infrastructurelles qui structureront l’action publique en 2026. Énergie, eau potable, santé et enseignement supérieur apparaissent comme les piliers d’un quinquennat placé sous le signe du rattrapage social et de la justice territoriale.
À mesure que le Gabon tourne la page de la Transition, l’exécutif entend recentrer son action sur ce que le Chef de l’État a lui-même qualifié de préoccupations quotidiennes des citoyens. Accès à l’électricité, à l’eau potable, à des soins de santé de qualité et à un cadre d’études décent : autant de chantiers structurants présentés comme indissociables de la stabilité sociale et du développement économique.
Énergie : 475 MW pour sortir de la vulnérabilité
La question énergétique occupe une place centrale. Le Président a annoncé un renforcement significatif de la capacité nationale avec l’ajout de 475 mégawatts, grâce à la mise en service de nouvelles centrales à gaz et à l’achèvement du barrage de Kinguélé Aval. Un saut capacitaire destiné à répondre à la demande croissante, mais aussi à mettre fin aux délestages récurrents qui pénalisent ménages et entreprises.
Au-delà de la production, le Chef de l’État a insisté sur l’urgence d’investir dans les lignes de transport et de distribution, maillon faible du système. Il a d’ailleurs instruit le ministre en charge de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie d’en faire une priorité absolue de son plan d’action, signe d’une approche plus globale de la politique énergétique.
Eau potable : sécuriser l’approvisionnement urbain
Sur le front hydraulique, plusieurs infrastructures déjà réalisées ou en voie de l’être ont été mises en avant. La station de pompage du PK5, le réservoir de 10 000 m³ de la Cité de la Caisse, la réhabilitation du château d’eau de Sotega et de la bâche à eau de la Cité de la Démocratie constituent, selon le Président, des avancées majeures pour améliorer la desserte en eau potable, notamment dans le Grand Libreville.
Ces investissements traduisent une volonté de passer d’une gestion de crise à une logique de sécurisation durable de la ressource, dans un contexte de croissance urbaine rapide et de fortes inégalités d’accès.
Santé : vers une décentralisation hospitalière
Autre axe structurant : la décentralisation de l’offre de soins. Le Président a annoncé la construction d’hôpitaux spécialisés à l’intérieur du pays, afin de renforcer la prise en charge des pathologies complexes et de réduire le recours coûteux aux évacuations sanitaires à l’étranger.
Cette orientation vise à corriger une concentration historique des équipements et compétences médicales dans la capitale, au détriment des provinces. Elle s’inscrit également dans une logique d’équité territoriale et de renforcement de la souveraineté sanitaire.
Enseignement supérieur : repenser le logement étudiant
Enfin, la question du logement étudiant a été abordée sans détour. Reconnaissant les limites du modèle actuel, le Chef de l’État a ouvert la voie à des partenariats public-privé (PPP) pour développer des résidences universitaires modernes et adaptées. Une réponse à la massification de l’enseignement supérieur et aux conditions de vie souvent précaires des étudiants.
Une boussole sociale assumée
À travers ces annonces, le Président Oligui Nguema dessine les contours d’un quinquennat où les services essentiels ne sont plus des variables d’ajustement, mais des priorités politiques. Reste désormais l’épreuve de la mise en œuvre, dans un contexte budgétaire contraint, où la crédibilité de l’action publique se mesurera à sa capacité à transformer ces engagements en améliorations tangibles pour les Gabonais.








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