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Gabon : deux mois d’impayés, les Sucreries du Gabon à l’arrêt 

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Depuis le 12 janvier 2026, les activités de Sucreries du Gabon sont paralysées dans la province du Haut-Ogooué. En cause : le non-paiement de deux mois de salaires, qui a déclenché un mouvement de grève sur le site de production, plongeant les employés et leurs familles dans une situation de grande précarité.

La tension sociale ne faiblit pas en ce début d’année. Alors que plusieurs secteurs stratégiques sont secoués par des revendications salariales, le site des Sucreries du Gabon dans le Haut-Ogooué est, à son tour, entré dans une zone de turbulence. Depuis plus de deux semaines, la production est totalement à l’arrêt, conséquence directe d’un mouvement d’humeur des travailleurs dénonçant des arriérés de salaires devenus insoutenables.

Un site industriel paralysé

Des images amateures, largement diffusées sur les réseaux sociaux, montrent l’ampleur du blocage. Les bus assurant le transport du personnel, tout comme les véhicules de chantier, sont immobilisés à l’entrée du site. Aucune activité n’est observable, traduisant une paralysie complète de l’outil de production.

Pour les grévistes, cette action est un ultime recours face à une situation financière jugée critique. « La grève continue. Les Sucreries ne veulent pas payer les gens. Nous travaillons “en bon” depuis deux mois, on n’en peut plus », témoigne un employé dans une vidéo devenue virale.

La précarité au cœur des revendications

Au-delà de la revendication salariale, les témoignages mettent en lumière une détresse sociale profonde. « Les familles souffrent, les enfants meurent à l’hôpital, on meurt de faim, les congélateurs sont vides », poursuit le gréviste, illustrant les conséquences directes des impayés sur la vie quotidienne des travailleurs.

La pénibilité du travail est également mise en avant. Les employés rappellent exercer des tâches physiquement exigeantes, rendant d’autant plus incompréhensible, selon eux, l’accumulation de deux mois sans rémunération. « Deux mois sans salaire alors que nous faisons un travail très dur, c’est intenable », insiste un autre travailleur.

Une pression croissante sur les autorités et l’entreprise

Ce nouveau foyer de tension sociale vient s’ajouter à une série de mouvements observés ces dernières semaines dans le pays. Il accroît la pression sur les autorités locales, mais aussi sur la direction de l’entreprise, désormais sommée de trouver une issue rapide à la crise.

À ce stade, aucune communication officielle n’a été rendue publique par la direction des Sucreries du Gabon sur un éventuel calendrier de paiement ou l’ouverture de négociations. En attendant, les travailleurs restent mobilisés, déterminés à maintenir la grève tant que leurs salaires ne seront pas régularisés.

Dans un contexte national marqué par la multiplication des conflits sociaux, cet arrêt de production pose, une fois de plus, la question de la gestion des ressources humaines et de la prévention des crises sociales dans les entreprises opérant en milieu provincial.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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