Gabon : des parents d’élèves peu solidaires face à la grève des enseignants
Depuis la reprise effective des cours le 5 janvier 2026, le secteur de l’éducation au Gabon est marqué par un mouvement de grève lancé par les enseignants. À l’origine de cette mobilisation figurent la lenteur dans la régularisation des situations administratives et financières, ainsi que les effectifs pléthoriques qui compliquent considérablement les conditions de travail. Cependant, un constat interpelle notamment la faible implication des parents d’élèves.
L’enseignant occupe pourtant une place centrale dans la construction de toute société. Il est chargé de transmettre le savoir et de former les futurs cadres appelés à diriger le pays. Consciente de cette responsabilité, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) consacre chaque 5 octobre à la Journée mondiale des enseignants, afin de valoriser leur rôle et de rappeler l’importance d’un enseignement de qualité.
À l’échelle internationale, certains États vont encore plus loin. En Chine, la Journée des enseignants est célébrée depuis le 10 septembre 1985, dans le but de renforcer le respect et la considération envers le corps enseignant, en rappelant l’importance de l’éducation dans le développement national.
Une mobilisation parentale encore timide
Ces exemples illustrent combien les enseignants constituent un pilier essentiel du développement. Une maxime chinoise rappelle d’ailleurs qu’« un enseignant d’un jour est un père pour la vie». Une valeur qui peine toutefois à s’imposer au Gabon. Depuis le déclenchement de la grève, aucune prise de position officielle notable des Associations de parents d’élèves (APE) n’a été enregistrée. Le 5 janvier 2026, des élèves en tenue scolaire ont été aperçus se rendant dans les établissements, sans que leurs parents ne semblent s’inquiéter de l’évolution de la situation.
Cette posture laisse penser que de nombreux parents ne mesurent pas l’importance de leur rôle dans la défense du système éducatif. Ailleurs pourtant, la mobilisation parentale est reconnue comme un levier essentiel. En mai 2024, en France, parents, grands-parents et proches d’élèves avaient publiquement apporté leur soutien à un collectif d’acteurs de l’éducation plaidant pour un meilleur apprentissage, à travers une tribune publiée dans Le Monde.
Au Gabon, la voix des parents d’élèves demeure timide, alors même que leur implication est déterminante pour l’avenir du secteur. Cette absence d’engagement contraste avec les inquiétudes régulièrement exprimées sur la baisse du niveau scolaire. Sans appeler à des actions radicales, ce constat invite à une prise de conscience collective, soutenir les enseignants, c’est aussi préserver l’avenir des enfants que les parents leur confient chaque jour.









GMT TV
[youtube-feed feed=2]