Gabon : comment le cycle électoral de 2025 a refermé la parenthèse de la Transition
Du référendum constitutionnel aux élections sénatoriales, l’année 2025 aura marqué un enchaînement institutionnel inédit au Gabon. En moins de douze mois, le pays a bouclé un cycle électoral complet, mettant un terme formel à la Transition ouverte le 30 août 2023 et actant le retour à l’ordre constitutionnel sous la Cinquième République.
Un calendrier électoral dense et structurant. Rarement le Gabon aura connu une séquence politique aussi dense. L’adoption de la nouvelle Constitution par référendum, suivie de l’élection présidentielle du 12 avril 2025, puis des législatives et locales de septembre et octobre, avant l’installation du Sénat en décembre, a permis de reconstituer l’ensemble de l’architecture institutionnelle de l’État.
Ce calendrier, souvent jugé ambitieux, a pourtant été mené à son terme. À chaque étape, les autorités de la Transition ont insisté sur la nécessité de restaurer une légitimité politique fondée sur le suffrage universel, condition indispensable à la stabilité institutionnelle et à la crédibilité de l’action publique.
La validation internationale comme facteur de crédibilité
Autre élément central de cette séquence : la reconnaissance internationale du processus. Observateurs étrangers, partenaires bilatéraux et organisations régionales ont globalement salué des scrutins jugés libres et transparents, malgré des imperfections reconnues par les autorités elles-mêmes.
Cette validation a pesé lourd dans la normalisation du statut du Gabon sur la scène internationale, notamment avec la levée des mesures de suspension et la réintégration du pays au sein des instances africaines. Elle a surtout permis de refermer, sur le plan diplomatique, la parenthèse de l’exception transitionnelle.
Une réconciliation nationale par les urnes
Sur le plan interne, le cycle électoral de 2025 a joué un rôle d’apaisement. En redonnant la parole aux citoyens à travers plusieurs consultations successives, le processus a contribué à réconcilier une partie de l’opinion avec les mécanismes démocratiques, mis à mal durant les années précédentes.
Dans son discours de vœux à la Nation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a d’ailleurs insisté sur cette dimension, estimant que ces élections avaient permis de « réconcilier la Nation avec elle-même ». Une lecture qui fait écho à une attente forte : celle d’institutions désormais pleinement légitimes et redevables devant le peuple.
La Transition refermée, place à l’épreuve de la gouvernance
Si la Transition est officiellement close, le cycle électoral a également mis en lumière des fragilités persistantes : fichier électoral perfectible, abstention, pratiques politiques héritées du passé. Autant de défis que les autorités annoncent vouloir corriger dans le cadre des réformes à venir.
Désormais, l’enjeu n’est plus celui de la légitimation, mais de l’efficacité. Avec des institutions installées et un pouvoir issu des urnes, la Cinquième République entre dans une phase décisive : celle où la promesse du retour à l’ordre constitutionnel devra se traduire en résultats concrets sur le plan politique, économique et social.
En refermant la parenthèse de la Transition, le cycle électoral de 2025 n’a donc pas seulement tourné une page de l’histoire gabonaise. Il a ouvert un nouveau chapitre, celui d’une démocratie remise à l’épreuve du temps long et de la gouvernance réelle.








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