Gabon : Camélia Ntoutoume tente d’éteindre la polémique sur la «prime de la honte»
Face à la colère des enseignants et à la polémique née des montants jugés dérisoires versés début janvier, le ministère de l’Éducation nationale est sorti de sa réserve. Dans une mise au point rendue publique le 9 janvier, l’administration centrale reconnaît l’existence de paiements partiels, tout en assurant qu’il ne s’agit ni d’un solde définitif ni d’une remise en cause des droits des enseignants.
La tension ne faiblit pas dans le secteur éducatif. Depuis plusieurs jours, des enseignants dénoncent sur les réseaux sociaux des virements qualifiés de « prime de la honte », reçus au titre des vacations liées aux examens nationaux. Des montants parfois limités à quelques milliers de francs CFA, vécus comme une provocation par un corps enseignant déjà mobilisé sur la question du pouvoir d’achat.
Confronté à l’ampleur de la contestation, le Secrétariat général du ministère de l’Éducation nationale a tenu à clarifier la situation administrative et financière à l’origine de ces paiements fragmentés, qui ont mis le feu aux poudres.
Des paiements fractionnés, non un solde définitif
Dans son communiqué, le ministère admet que les sommes perçues, bien que faibles, sont réelles. Mais il insiste sur un point central : ces virements ne constituent pas la totalité des montants dus. Les paiements sont effectués « de manière progressive » et par activité distincte, conformément aux procédures en vigueur.
Ainsi, un bon de caisse perçu le 7 janvier ne correspond généralement qu’à une seule tâche précise. Dans la majorité des cas, il s’agit de l’harmonisation des épreuves, rémunérée indépendamment des autres opérations comme la correction ou les délibérations. Ce fractionnement explique, selon l’administration, les montants isolés qui ont suscité l’indignation.
Une grille tarifaire inchangée depuis 2015
Le ministère rappelle que les vacations sont calculées sur la base de l’arrêté n°057 de 2015, toujours en application. Les tarifs officiels restent donc les suivants : 1 800 FCFA par séance pour l’harmonisation, 1 700 FCFA par copie corrigée et 5 000 FCFA par séance de délibération.
Les autorités précisent par ailleurs que les montants versés début janvier représentent une première tranche, correspondant à environ 50 % du total dû pour certaines épreuves, notamment le baccalauréat. Le reliquat, assure-t-on, sera versé ultérieurement.
Apaisement administratif, malaise social persistant
Si le ministère garantit que « l’intégralité des montants dus sera versée », il appelle également à l’apaisement et à la reprise des cours. Une posture qui se veut rassurante sur le plan administratif, mais qui peine à convaincre sur le fond.
Car au-delà de la mécanique comptable, la contestation met en lumière un malaise plus profond : celui de taux de vacations jugés obsolètes, figés depuis plus de dix ans, et largement déconnectés des réalités économiques actuelles. Reste à savoir si cette clarification technique suffira à désamorcer la crise, ou si elle ne fera que renforcer l’exigence d’une revalorisation devenue, pour beaucoup d’enseignants, non négociable.









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