Gabon : budget insuffisant à l’USS, l’urgence d’innover pour former avec peu de moyens
Réuni à Owendo, le Conseil d’administration de l’Université des sciences de la santé (USS) a exprimé de vives inquiétudes quant à l’insuffisance du budget 2026. Une situation qui fragilise le fonctionnement de l’établissement et pose la question de l’optimisation de la formation dans un contexte de ressources limitées.
C’est un signal d’alerte lancé par les responsables de l’Université des sciences de la santé. Selon le quotidien L’Union du 3 avril 2026, le Conseil d’administration, présidé par le ministre Charles Edgar Mombo, a déploré un budget 2026 qui « ne permettrait pas à l’Université de fonctionner convenablement ».
Une exécution budgétaire incomplète qui fragilise l’institution
L’analyse du budget précédent met déjà en lumière des fragilités structurelles. En effet, L’Union souligne que « celui-ci a été exécuté à plus de 77%, grâce à la subvention de l’État », laissant apparaître un déficit significatif de financement. Plus préoccupant encore, « les 23% restants, pour n’être pas arrivés, ont rendu difficile le fonctionnement optimal de cette université ».
Cette dépendance quasi exclusive à la subvention publique, combinée à des ressources propres jugées « insuffisantes pour couvrir tous les besoins », traduit une vulnérabilité financière persistante. Une situation qui limite la capacité de planification et d’investissement de l’établissement.
Un budget 2026 jugé inadapté aux réalités académiques
Pour l’exercice 2026, les inquiétudes sont encore plus marquées. Le Conseil d’administration constate « qu’il y a assez d’éléments qui ne permettraient pas à l’Université des sciences de la santé de fonctionner convenablement », rapporte L’Union. En ligne de mire, le titre II du budget, que les administrateurs estiment « totalement désorienté ».
Face à ces insuffisances, les responsables de l’USS ont annoncé leur intention de saisir les ministères en charge de la Planification et du Budget afin de solliciter une révision des allocations.
Former autrement : l’impératif de l’optimisation
Au-delà de la contrainte budgétaire, cette situation impose une réflexion stratégique sur les modèles de formation. Comment maintenir un niveau d’excellence avec des ressources limitées ?
L’optimisation passe d’abord par une meilleure allocation interne des moyens disponibles, en priorisant les filières critiques et les équipements essentiels. Elle suppose également le développement de partenariats avec des institutions internationales, des hôpitaux et des acteurs privés pour mutualiser les ressources et renforcer les capacités pédagogiques.
Par ailleurs, l’intégration du numérique dans les dispositifs de formation, à travers l’enseignement hybride ou les plateformes de simulation médicale, pourrait constituer un levier d’efficacité à moindre coût.
Dans un pays où les enjeux de santé publique sont majeurs, la question du financement de la formation médicale ne peut être reléguée au second plan. L’USS se trouve ainsi à la croisée des chemins : contrainte par ses moyens, mais appelée à innover pour continuer à former les professionnels de santé dont le Gabon a impérativement besoin.









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