Gabon : Bilie-By-Nze demande une réécriture du nouveau Code de la nationalité
La publication au Journal Officiel de l’ordonnance n°004/PR portant nouveau Code de la nationalité continue de susciter une levée de boucliers au sein de la classe politique gabonaise. Ainsi, à l’instar de l’ancien ministre Ali Akbar Onanga Y’Obegue, Fred Zehou Moussok ou Landry Abaga Essono, président du Syndicat des Magistrats (Synamag), Alain Claude Bilie-By-Nze, président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) a, lors d’une conférence de presse animé ce 1er avril 2026, tiré la sonnette d’alarme sur ce texte qu’il juge dangereux pour la cohésion sociale et les fondements de la République.
En effet, pour l’ancien Premier ministre, le recours à l’ordonnance, à quelques jours seulement de la rentrée parlementaire, constitue une faute de forme majeure. Il estime que sur des sujets aussi identitaires, la force ne doit pas primer sur la concertation. « La démocratie n’exclut pas la recherche du consensus. Et un texte comme celui dont nous parlons et qui est fondamental puisqu’il touche à la question de la nation et de la nationalité, le passage en force n’est pas une bonne chose », a-t-il déclaré, déplorant l’absence de dialogue préalable.
La création de « catégories » de Gabonais
Le cœur de la critique du leader d’EPG réside dans la hiérarchisation de la citoyenneté que ce nouveau Code semble instaurer. En limitant l’accès à certaines hautes fonctions selon le mode d’acquisition de la nationalité, le texte brise, selon Alain Claude Bilie-By-Nze, l’égalité républicaine héritée des codes de 1962 et 1999.
L’ancien candidat à la présidentielle s’interroge sur l’absurdité de ces distinctions au sein des forces de défense ou de la magistrature. « Il y a des Gabonais qui peuvent tout faire, être militaires, prendre des balles pour défendre la nation, mais il ne peuvent pas être commandant ou directeur des opérations », a-t-il relevé. Pour lui, cette logique de discrimination est un poison. « On ne peut pas avoir une nationalité qui diffère en fonction des emplois occupés. », a-t-il martelé.
Plus inquiétant encore, Bilie-By-Nze dénonce le pouvoir discrétionnaire accordé à l’Exécutif de retirer la nationalité à un citoyen pour des motifs de « subversion », une prérogative autrefois réservée au juge. Il y voit un outil de répression politique visant à museler la dissidence « Retirer la nationalité, c’est une autre façon d’ôter la vie à quelqu’un, ôter la vie civique, la vie politique, la vie sociale. »
Conclusion : L’urgence d’une réécriture consensuelle
Face à ce qu’il qualifie de « vent de discorde », le président d’EPG appelle solennellement à un retrait du texte en vue d’une réécriture complète. « Le Gabon ne peut se permettre de légiférer sur l’identité dans la précipitation ou le calcul partisan », a-t-il martelé.
Pour l’ancien premier ministre, il est donc impératif d’ouvrir de larges consultations incluant sociologues, juristes et historiens pour aboutir à un Code de la nationalité qui rassemble au lieu de diviser, garantissant qu’aucun Gabonais ne soit traité comme un citoyen de seconde zone.









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