Gabon : bientôt une traçabilité numérique pour la filière bois
Accélérer la digitalisation de l’administration publique afin de sécuriser les recettes de l’État, telle est l’ambition réaffirmée par les autorités gabonaises. Dans ce cadre, le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, a annoncé la mise en place prochaine d’un dispositif numérique de suivi de la production forestière. Cette réforme s’inscrit dans une volonté de modernisation de la gouvernance du secteur, confronté à des défis en matière de contrôle des flux.
Selon les autorités, ce mécanisme reposera sur l’utilisation de technologies de géolocalisation, notamment des GPS, permettant de suivre le bois depuis la coupe jusqu’à son expédition. L’objectif est de garantir une traçabilité complète et fiable des volumes exploités. « Il faut que les Eaux et Forêts et la Douane aient les mêmes chiffres », a insisté le ministre. Comme le souligne le site EcoMatin, cette réforme vise avant tout à corriger les incohérences statistiques observées dans le secteur, révélatrices de dysfonctionnements structurels.
Renforcer la transparence et les recettes forestières
En 2024, une production de 1,5 million de m³ de grumes a généré plus de 42 milliards de FCFA, tandis qu’en 2025, un volume supérieur à 3 millions de m³ n’a rapporté que 31 milliards de FCFA. Une situation jugée incohérente par les pouvoirs publics, qui pointent notamment l’absence de mécanismes de contrôle indépendants. Dans un pays où la forêt couvre près de 90 % du territoire, la filière bois demeure un pilier économique important, représentant une part significative des exportations et des emplois.
Cette initiative vise également à lutter contre l’exploitation illégale, responsable de pertes financières importantes. Malgré l’interdiction d’exporter des grumes, celles-ci continueraient de générer des flux non contrôlés estimés à plusieurs dizaines de milliards de FCFA par an. Cette réforme intervient toutefois dans un contexte difficile pour la filière, marqué par une baisse de la demande extérieure et un recul de l’activité industrielle, illustré par la contraction de la production de sciage au premier semestre 2025.










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